L’AFPS appelle à « convaincre, mobiliser, rassembler » pour les droits du peuple palestinien

Par Luc Renaud

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Une campagne en cours de l'Association France Palestine solidarité, ici à la fête du Travailleur alpin le 26 juin dernier.
L’Association France Palestine solidarité indique se conformer aux principes de la campagne internationale de BDS. L’organisation dénonce la campagne d’assimilation de l’antisionisme et de l’antisémitisme. Dans une déclaration, des organisations qui ont appelé à empêcher le set de Barbara Butch écrivent que « la DJ était visée pour sa légitimation des crimes de l’État d’Israël ».

Après l’interruption du set de Bar­ba­ra Butch le 18 juillet der­nier, les réac­tions s’enchaînent. Par­mi ces der­nières, celles d’organisations enga­gées dans la défense des droits du peuple pales­ti­nien et contre le géno­cide en cours à Gaza et dans les ter­ri­toires occu­pées de Cis­jor­da­nie.

L’Asso­cia­tion France Pales­tine soli­da­ri­té n’appelait pas au boy­cott du set de Bar­ba­ra Butch. Dans un com­mu­ni­qué, le bureau de l’AFPS Isère-Gre­noble indique qu’en matière « de BDS (Boy­cott-Dés­in­ves­tis­se­ment-Sanc­tions), et en par­ti­cu­lier de boy­cott cultu­rel, l’AFPS se conforme aux prin­cipes de la cam­pagne BDS coor­don­née au niveau de l’Eu­rope par le BNC (Boy­cott Natio­nal Com­mit­tee) Europe dont elle est membre, et par le BNC pales­ti­nien pour ce qui est de la coor­di­na­tion mon­diale ». Pour ce qui relève du boy­cott cultu­rel, l’AFPS relève que le comi­té du BDS « ne demande pas de cibler tous les artistes qui ont eu des expres­sions pro­blé­ma­tiques. [Le boy­cott culturel]vise les ins­ti­tu­tions israé­liennes et donc les artistes ou inter­ve­nants pro­mus par ces ins­ti­tu­tions ou finan­cés direc­te­ment ou indi­rec­te­ment par celles-ci ».

La position internationale du BDS

Cette posi­tion du BDS reprise par l’AFPS répond à un objec­tif : « convaincre et ain­si accroitre la mobi­li­sa­tion » en faveur du res­pect du droit inter­na­tio­nal et de la lutte contre le géno­cide « en évi­tant au maxi­mum les risques de pola­ri­sa­tion qui vont à l’en­contre de cet objec­tif ». « Les cibles sont choi­sies en fonc­tion de l’im­pact posi­tif que ces actions doivent avoir sur la per­cep­tion que nos conci­toyens ont de la vio­la­tion des droits des Pales­ti­nien-nes par Israël. [Ces actions visent] à accroitre le sou­tien au peuple pales­ti­nien dans l’ac­com­plis­se­ment de ses droits et à élar­gir le mou­ve­ment de soli­da­ri­té afin de par­ve­nir au but de la cam­pagne BDS : impo­ser le droit à Israël », pour­suit le bureau de l’AFPS Isère.

Dans un com­mu­ni­qué signé par dif­fé­rentes orga­ni­sa­tions par­mi les­quelles le syn­di­cat Soli­daires, Urgence Pales­tine Gre­noble, ou l’Union juive fran­çaise pour la paix, « l’appel au boy­cott de ce concert n’est pas le seul fait de la sec­tion locale de LFI et de ses militant.es, mais aus­si d’autres orga­ni­sa­tions de sou­tien à la Pales­tine ». Ces orga­ni­sa­tions estiment que « la DJ était visée pour sa légi­ti­ma­tion des crimes de l’État d’Israël, que ce soit par la signa­ture d’une tri­bune publiée dans le jour­nal d’extrême droite Le Point sou­te­nant la loi Yadan que pour son concert le 12 juin 2025 à la rési­dence de l’ambassadeur de France à Tel-Aviv, en plein géno­cide à Gaza. Ce fai­sant, elle a choi­si d’offrir un ver­nis d’acceptabilité à Israël, se ren­dant com­plice de ses crimes ». Et les orga­ni­sa­tions relèvent que « le fameux « risque de trouble à l’ordre public » invo­qué à tour de bras pour faire taire grand nombre d’é­vè­ne­ments sur la Pales­tine – y com­pris des col­loques uni­ver­si­taires – n’a pas été invo­qué à cette occa­sion ».

« Démarche non-violente »

Au risque de por­ter atteinte à l’ampleur de la mobi­li­sa­tion contre le géno­cide, la décla­ra­tion des orga­ni­sa­tions accuse :« celles et ceux qui condamnent l’interruption du set de Bar­ba­ra Butch sont aus­si celles et ceux qui se taisent face au géno­cide à Gaza et refusent toute action pour y mettre fin. Nous, col­lec­tifs mili­tants pour les droits du peuple pales­ti­nien, agis­sons depuis des années en mani­fes­tant, boy­cot­tant, docu­men­tant ce qui se passe dans les ter­ri­toires pales­ti­niens ».

Par ailleurs, les orga­ni­sa­tions signa­taires pré­cisent que « si jet(s) de projectile(s) il y a eu en direc­tion de l’ar­tiste, nous le déplo­rons et rap­pe­lons que les appels au boy­cott s’ins­crivent dans une démarche non-vio­lente. Les mili­tants pour la Pales­tine ne sau­raient en aucun cas être ren­dus res­pon­sables ».

Deux poids deux mesures

Pour sa part, l’AFPS a tenu à prendre posi­tion sur les faits sur­ve­nus depuis les évé­ne­ments du 18 juillet. « Nous dénon­çons et condam­nons la manière éhon­tée dont une par­tie du monde média­tique et poli­tique s’est empa­rée de la ques­tion pour relan­cer la cam­pagne de déni­gre­ment de LFI, de délé­gi­ti­ma­tion du mou­ve­ment de soli­da­ri­té avec la Pales­tine, d’as­si­mi­la­tion de l’an­ti­sio­nisme avec l’an­ti­sé­mi­tisme, sans par­ler du deux poids deux mesures sur les per­tur­ba­tions et/ou inter­dic­tions et/ou cen­sures de spec­tacles, ou du double stan­dard quand il s’a­git de condam­ner et de sanc­tion­ner des États qui violent de droit inter­na­tio­nal », écrit l’AFPS. L’organisation tient éga­le­ment à condam­ner « le défer­le­ment de haine dont est l’ob­jet Allan Bru­non depuis plu­sieurs jours. Rien ne jus­ti­fie, en aucun cas et aucune manière, les appels à la haine et encore moins les appels à la haine raciste ».

« Appe­ler au boy­cott, boy­cot­ter, c’est convaincre, mobi­li­ser, ras­sem­bler et faire pro­gres­ser le mou­ve­ment de soli­da­ri­té avec le peuple pales­ti­nien », conclut le bureau de l’Association France Pales­tine soli­da­ri­té.

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