Banni par le roi, Maxwell Nkambule poursuit son combat depuis la France

Par Didier Gosselin

/

Image principale
Maxwell Nkambule, qui sait pouvoir compter sur la solidarité des communistes berjalliens, etait parmi eux le 1er mai, pendant et après la manifestation.
Hébergé au Centre d’accueil des demandeurs d’asile de Bourgoin-Jallieu, l’avocat Swazi Maxwell Nkambule a accordé un entretien au Travailleur alpin à l’occasion de la manifestation du 1er mai. L’Eswatini, ex-Swaziland, est un petit pays d’Afrique australe bordé par le Mozambique et l’Afrique du Sud, comptant 1,5 millions d’habitants qui vivent sous la férule d'une monarchie absolue.

Max­well, vous avez été contraint de quit­ter votre patrie, l’Eswatini, suite à une ten­ta­tive d’assassinat, en rai­son « de votre défense d’activistes pro-démo­cra­tie » selon l’Observatoire inter­na­tio­nal des avo­cats qui alerte sur votre cas. Pou­vez-vous nous éclai­rer sur la situa­tion des avo­cats enga­gés dans les droits humains dans votre pays ?

« J’ai été atta­qué le 7 décembre 2022 en me ren­dant au tri­bu­nal en pleine jour­née par une ber­line res­sem­blant à celles uti­li­sées par les forces de sécu­ri­té. Une pour­suite s’en est sui­vie, et j’ai cou­ru direc­te­ment jusqu’au poste de police de Big Bend, où je me suis mis en sécu­ri­té. Un mois après l’avocat Thu­la­ni Mase­ko a été assas­si­né.

Illus­tra­tion four­nie par Ency­lo­pae­dia Uni­ver­sa­lis sous licence CC BY-NC

Lors d’une réunion tenue à Nels­pruit, dans la région de Mpu­ma­lan­ga en Afrique du Sud, j’avais ren­con­tré Thu­la­ni Mase­ko et expri­mé mes inquié­tudes concer­nant le pro­chain avo­cat qui pour­rait être atta­qué, sans en avoir conscience, comme cela a été mon cas. Il a été tué. Lors de cette réunion, à laquelle j’étais invi­té en tant qu’agent élec­to­ral, Thu­la­ni a été élu comme pre­mier pré­sident du Mul­ti Sta­ke­hol­ders Forum (MSF), un groupe de par­tis poli­tiques et d’organisations de la socié­té civile appe­lant à entre­prendre des réformes démo­cra­tiques dans le pays.

Il est dangereux de s’engager dans les droits humains

Par la suite, il est deve­nu encore plus dan­ge­reux d’être avo­cat enga­gé dans les droits humains. Beau­coup étaient sous sur­veillance, mena­cés, etc. Les vic­times défen­dues étaient des per­sonnes arrê­tées pour des accu­sa­tions de ter­ro­risme, lais­sées sans repré­sen­ta­tion légale. La situa­tion per­dure encore aujourd’hui, peu favo­rable, mais les avo­cats conti­nuent mal­gré ces cir­cons­tances. J’ai l’intention de por­ter cette ques­tion devant des ins­tances juri­diques locales et inter­na­tio­nales, notam­ment les bar­reaux de Lyon et de Paris ».

Com­ment en êtes-vous venu à vous enga­ger pour défendre les droits des Swa­zis ?

« Mon enga­ge­ment a débu­té par ma par­ti­ci­pa­tion active aux mani­fes­ta­tions étu­diantes. En 2007, j’é­tais au bureau de Dur­ban de l’as­so­cia­tion Avo­cats pour les droits humains en Afrique du Sud, qui ser­vait alors de centre d’ac­cueil pour les réfu­giés. La réa­li­té des dif­fi­cul­tés et des épreuves liées à la migra­tion m’a ouvert les yeux sur les souf­frances quo­ti­diennes de mes com­pa­triotes afri­cains. La migra­tion est un pro­ces­sus bru­tal. Vingt ans plus tard, j’en fais désor­mais l’ex­pé­rience per­son­nelle.

Lors de l’ar­res­ta­tion très média­ti­sée de Thu­la­ni Mase­ko et Bhe­ki Makhu­bu en 2014, j’é­tais pré­sident de l’as­so­cia­tion Avo­cats pour les droits humains au Swa­zi­land. J’ai par­ti­ci­pé à la cam­pagne pour leur libé­ra­tion. Nous avons mené des actions jus­qu’à la Com­mis­sion afri­caine des droits de l’homme et des peuples en Gam­bie.

Le président de la Cour suprême démis de ses fonctions

C’est à peu près à la même époque que nous avons dépo­sé un recours contre la des­ti­tu­tion du juge Tho­mas Masu­ku. C’é­tait une période dif­fi­cile pour le sys­tème judi­ciaire. Fina­le­ment, le pré­sident de la Cour suprême, Michael Ramo­di­be­di, a été démis de ses fonc­tions. Mais la cor­rup­tion au sein de la jus­tice était depuis long­temps bien ancrée. Le man­dat du défunt Pre­mier ministre Bar­na­bas Dla­mi­ni fut un véri­table enfer pour l’é­tat de droit.

J’ai publié des articles cri­tiques dans le jour­nal local pen­dant la crise judi­ciaire, alors que j’é­tais encore pré­sident de ADHS. J’ai été arrê­té lors de la cam­pagne exi­geant la libé­ra­tion de Thu­la­ni et Bhe­ki.

La répression des manifestations de juin 2021

J’ai ensuite conti­nué à exer­cer comme avo­cat et à défendre les droits humains. En juin 2021, une vague de mani­fes­ta­tions mas­sives a défer­lé sur le Swa­zi­land. Ce contexte était mar­qué par une conjonc­tion de dif­fi­cul­tés quo­ti­diennes pour les Swa­zis. La mort d’un étu­diant et la dis­si­mu­la­tion de ses actes par la police ont pro­vo­qué un tumulte dans tous les éta­blis­se­ments d’en­sei­gne­ment supé­rieur. Face à l’i­nac­tion du gou­ver­ne­ment et aux dif­fi­cul­tés du quo­ti­dien, les citoyens sont des­cen­dus dans la rue pour exi­ger d’être enten­dus sur les ques­tions qui les affectent. Comme à son habi­tude, le gou­ver­ne­ment a cher­ché à répri­mer bru­ta­le­ment ces mani­fes­ta­tions légi­times. Les citoyens béné­fi­ciaient du sou­tien de trois per­son­na­li­tés poli­tiques et de par­tis poli­tiques, et étaient lar­ge­ment repré­sen­tés ».

Mani­fes­ta­tion contre la répres­sion et l’as­sas­si­nant de Thu­ma­ni Mase­ko.

Quels sont à ce pro­pos les par­tis d’opposition et dans quelle mesure peuvent-il agir ?

« Il existe des par­tis poli­tiques au Swa­zi­land. Le prin­ci­pal est le PUDEMO, désor­mais inter­dit. On trouve éga­le­ment le Conseil natio­nal de libé­ra­tion de Ngwane (NNLC), le plus ancien. Viennent ensuite le Mou­ve­ment de libé­ra­tion du Swa­zi­land (SWALIMO), le Pre­mier Front démo­cra­tique du Swa­zi­land (SFDF), le Par­ti com­mu­niste du Swa­zi­land (CPS), le Mou­ve­ment popu­laire de libé­ra­tion du Swa­zi­land (SPLM) et les Com­bat­tants pour la liber­té éco­no­mique du Swa­zi­land (EFFSWA). Les par­tis poli­tiques res­tent inter­dits de toute par­ti­ci­pa­tion à la vie poli­tique du pays, mal­gré une consti­tu­tion fac­tice qui les auto­rise. La plu­part des diri­geants de ces par­tis ont été contraints à l’exil. Le gou­ver­ne­ment Swa­zi a uti­li­sé la loi sur la répres­sion du ter­ro­risme pour leur refu­ser la libé­ra­tion sous cau­tion et les arrê­ter arbi­trai­re­ment. Nombre d’entre eux ont souf­fert et ont dû quit­ter le pays. De nom­breux pri­son­niers poli­tiques sont incar­cé­rés et pri­vés de leurs droits fon­da­men­taux.

Pourchassés, jusqu’en Afrique du Sud

Des per­sonnes sont mortes avant, pen­dant et à la suite des évé­ne­ments de juin 2021. Nombre d’entre elles ont per­du leurs moyens de sub­sis­tance, leurs mai­sons ont été incen­diées et détruites, cer­taines ont été muti­lées et d’autres portent encore des balles dans le corps. Le régime Swa­zi a chas­sé les diri­geants poli­tiques du pays. Mais il ne s’ar­rête pas là. Il conti­nue de les tra­quer en Afrique du Sud, les tuant et les enle­vant. La mai­son de Mlun­gi­si Makha­nya, pré­sident du PUDEMO, a été détruite par des explo­sifs mili­taires. Mais ce n’est pas tout. Il est constam­ment recher­ché en Afrique du Sud. Pire encore, il a sur­vé­cu à une ten­ta­tive d’empoisonnement, l’une des nom­breuses dont il a été vic­time. Il n’est pas un cas iso­lé.

Bacede Mabu­za, ancien par­le­men­taire, purge une peine de pri­son suite à des accu­sa­tions fabri­quées de toutes pièces. Un tri­bu­nal cor­rom­pu l’a condam­né à 85 années de pri­son… ! Il a été condam­né en même temps qu’un autre ancien par­le­men­taire. Ce der­nier, contraint par les condi­tions de déten­tion, a dû exé­cu­ter une danse tra­di­tion­nelle et pré­sen­ter des excuses humi­liantes en public, afin d’ob­te­nir sa libé­ra­tion. Un troi­sième par­le­men­taire a dû fuir le Swa­zi­land et a obte­nu l’a­sile poli­tique sur le ter­ri­toire bri­tan­nique, au prix de lourdes consé­quences per­son­nelles. Deux mili­tants ont été enle­vés en Afrique du Sud par la police Swa­zie, en vio­la­tion du droit inter­na­tio­nal. Le rédac­teur en chef d’un jour­nal en ligne indé­pen­dant est la cible de pour­suites judi­ciaires en Afrique du Sud. L’ob­jec­tif est de le rui­ner et de le fra­gi­li­ser.

Vous par­lez de consé­quences per­son­nelles, pou­vez-vous évo­quer la déchi­rure que repré­sente pour vous cet enga­ge­ment poli­tique et cet exil for­cé ?

« J’ai dû tout aban­don­ner. Mes enfants se retrouvent sans pro­tec­tion ni sou­tien. J’ai dû quit­ter mon cabi­net d’a­vo­cats, où j’exer­çais depuis plus de dix ans. Je n’ai pas pu enter­rer mon fils. J’ai éga­le­ment per­du de nom­breux proches sans avoir pu leur offrir de sépul­ture. Ma san­té s’est dégra­dée. J’ai vu des amis et des col­lègues deve­nir des étran­gers. Je suis deve­nu un far­deau et un paria pour ceux qui défendent le sys­tème. On m’a aver­ti que si je reve­nais, je ris­quais même d’être arrê­té.

Mani­fes­ta­tion à Pre­to­ria, en Afrique du Sud, contre le roi Mswa­ti III. (Pho­to du Par­ti com­mu­niste de Swa­zi­land)

Lorsque j’ai contac­té la police et le par­quet, je me suis heur­té à un mur. J’ai subi la même indif­fé­rence lorsque j’ai deman­dé des nou­velles de mon affaire. J’ai pro­cé­dé au sui­vi de mon dos­sier auprès du com­mis­sa­riat et de plu­sieurs offi­ciers supé­rieurs, sans suc­cès. Je suis per­sua­dé que la fusillade est liée à mon acti­vi­té d’a­vo­cat. À cette époque, je repré­sen­tais exclu­si­ve­ment tous les mili­tants incul­pés en ver­tu de la loi anti­ter­ro­riste.

« J’ai dû tout abandonner »

J’ai repré­sen­té avec dévoue­ment et impar­tia­li­té tous les par­tis poli­tiques, sans dis­tinc­tion. Au plus fort des troubles, je me levais tôt pour ren­trer tard le soir afin de repré­sen­ter les nom­breux mani­fes­tants arrê­tés dans ma région.Tout cela au prix de sacri­fices per­son­nels, car c’é­tait un enga­ge­ment béné­vole et dans le res­pect des droits humains. J’ai été insul­té et mar­gi­na­li­sé.

Je tiens à remer­cier tout par­ti­cu­liè­re­ment cha­cune des per­sonnes qui m’ont sou­te­nu : les orga­ni­sa­tions de défense des droits humains, la socié­té civile, les diri­geants poli­tiques et les agences des Nations Unies. Un mer­ci tout spé­cial aux par­tis poli­tiques sud-afri­cains qui ont défen­du le peuple du Swa­zi­land. J’é­tais, et je suis tou­jours, un simple avo­cat pas­sion­né par la défense des plus vul­né­rables. Je n’é­tais pas une per­son­na­li­té connue, ce qui explique sans doute pour­quoi mon his­toire n’a jamais sus­ci­té autant d’in­té­rêt. Et pour reprendre les mots de l’emblématique Win­nie Man­de­la, si j’en avais l’oc­ca­sion, je choi­si­rais à nou­veau cette voie ».

Quelle est la res­pon­sa­bi­li­té du roi Mswa­ti III qui dirige le pays d’une main de fer ?

« En effet, il serait vain d’é­vo­quer l’ef­fon­dre­ment de l’É­tat de droit et les pires vio­la­tions des droits de l’homme au Swa­zi­land sans abor­der les pou­voirs du roi.

Le der­nier monarque abso­lu est maître et pro­prié­taire de tout. L’histoire du Swa­zi­land est char­gée des pires atro­ci­tés. Escla­vage. Absence de toute loi. Oppres­sion. Gou­ver­ne­ment par l’in­ti­mi­da­tion et la répres­sion exer­cées par les forces de sécu­ri­té. Obli­ga­tions de la famille royale. Sys­tèmes de san­té et d’é­du­ca­tion détruits. Chô­mage et pau­vre­té endé­miques. Le roi contrôle l’é­co­no­mie et plus de 60 % des entre­prises. Il a célé­bré ses 40 ans de règne et ses 55 ans en dépen­sant plus de 50 mil­lions d’emalengeni (2,6 mil­lions d’euros) dans un pays où plus de 60 % de la popu­la­tion vit dans la pau­vre­té. Les caisses de l’É­tat, déjà exsangues, sup­portent toutes les dépenses. Le bud­get de l’É­tat suf­fit pour les célé­bra­tions et l’é­ta­lage d’o­pu­lence, mais pas pour répondre aux besoins des citoyens. Rien que cette année, et nous ne sommes même pas à la mi-année, plus de 100 mil­lions d’emalengeni ont déjà été dépen­sés pour les fes­ti­vi­tés.

2,6 millions d’euros pour fêter l’anniversaire du roi

Tous les maux du Swa­zi­land sont impu­tables à la supré­ma­tie royale et à un seul homme : le roi Mswa­ti III.

Je pense que cela res­te­ra dans l’his­toire comme un des grands crimes contre l’hu­ma­ni­té : la façon dont le roi du Swa­zi­land, avec sa mère, ses nom­breuses épouses, ses frères et sœurs et ses enfants, a trans­for­mé une nation magni­fique, riche d’his­toire, en une ferme pri­vée, hypo­thé­quée pour son seul pro­fit per­son­nel et royal, sous le regard et les applau­dis­se­ments du monde entier. Les citoyens ont été réduits à l’é­tat de bétail, exploi­tés, mal­trai­tés et ven­dus, les plus dociles étant récom­pen­sés au détri­ment de la majo­ri­té ».

L’Eswatini semble effec­ti­ve­ment béné­fi­cier d’une réelle impu­ni­té. La situa­tion peut-elle évo­luer favo­ra­ble­ment du fait de la proxi­mi­té avec l’Afrique du Sud par exemple ?

« Pour com­prendre la situa­tion du Swa­zi­land, il faut exa­mi­ner sa posi­tion inter­na­tio­nale. C’est le seul pays afri­cain qui entre­tient encore des liens avec Taï­wan par exemple. Et qui conti­nue d’ac­cueillir des pri­son­niers amé­ri­cains dans le cadre d’un pro­gramme qui ne pro­fite qu’au roi. Ce der­nier, plus avide d’argent que de pou­voir, pri­vi­lé­gie ses inté­rêts per­son­nels et ceux de sa famille royale sur­ceux du pays. La situa­tion est déplo­rable. Les tra­vailleurs res­tent exploi­tés. La culture demeure poli­ti­sée et ins­tru­men­ta­li­sée comme une arme de répres­sion pour pri­ver la popu­la­tion de ses droits fon­ciers et de toute pos­si­bi­li­té de sub­sis­tance.

Ren­contre du pré­sident de Taï­wan avec le roi Mswa­ti III, le 2 mai 2026.

J’ai tou­jours pen­sé que pour que le peuple du Swa­zi­land soit libre, l’A­frique du Sud pou­vait jouer un rôle déci­sif. Nous appré­cions le rôle joué par l’A­frique du Sud pour sou­te­nir le mou­ve­ment démo­cra­tique, mais il est pos­sible de faire davan­tage. Nous appré­cions le rôle de l’ANC, du SACP, de l’EFF et de tous les autres par­tis. Mais nous avons besoin d’une déter­mi­na­tion plus ferme de la part de ce gou­ver­ne­ment. Quant à l’UE, elle conti­nue de sur­pro­té­ger le Swa­zi­land et l’aide que mon pays reçoit ne pro­fite pas aux Swa­zis ordi­naires. Je crois qu’il faut impo­ser des sanc­tions ciblées aux membres de la famille royale, ain­si qu’à cer­tains res­pon­sables gou­ver­ne­men­taux et judi­ciaires et à des membres spé­ci­fiques des forces de sécu­ri­té.

Com­ment s’est pas­sée votre arri­vée en France et qu’attendez-vous de notre pays et de l’Europe ?

« À l’aé­ro­port Charles-de-Gaulle, j’ai deman­dé à être pris en charge par l’im­mi­gra­tion et j’ai été diri­gé vers la police, le ser­vice com­pé­tent. J’ai décla­ré mon inten­tion de deman­der l’a­sile en France. J’ai été déte­nu plu­sieurs nuits à l’aé­ro­port. Après avoir expo­sé mon cas à un agent de l’OF­PRA, j’ai été libé­ré. Un repré­sen­tant de la Croix rouge est venu me cher­cher et m’a conduit au ter­mi­nal pour que je dorme sur les bancs. On m’a dit de me rendre le len­de­main matin aux bureaux de la Croix rouge. Le soir même, on m’a volé mon télé­phone, mes médi­ca­ments, mon argent et d’autres objets essen­tiels dans mon sac. J’ai pas­sé plus de huit nuits à dor­mir à même le sol et sur les bancs. La Croix rouge m’a aidé pour les démarches juri­diques et m’a four­ni de la nour­ri­ture. Le week-end seule­ment, je me conten­tais d’eau et de restes.

L’OFII m’a ensuite deman­dé de rejoindre ma région actuelle, en Isère. Je suis arri­vé début juillet 2025 et j’y suis tou­jours. Je suis tou­jours deman­deur d’a­sile et j’es­père une réponse posi­tive du gou­ver­ne­ment fran­çais. À l’a­ve­nir, j’ai l’in­ten­tion de sen­si­bi­li­ser le public au sort des défen­seurs des droits humains au Swa­zi­land, aux dif­fi­cul­tés quo­ti­diennes des Swa­zis et à la situa­tion des avo­cats dans ce pays.

Demandeur d’asile depuis juillet de l’année dernière

J’ai le cœur bri­sé pour les nom­breux hommes d’af­faires, employés et étu­diants dont la vie est détruite par le régime de Mswa­ti III. Je suis pro­fon­dé­ment attris­té par tout ce qui se passe au Swa­zi­land et par l’in­dif­fé­rence géné­rale. Par­tout où je vais, per­sonne ne semble connaître le Swa­zi­land. Pour­tant, ce sont des êtres humains qui habitent cette terre. Il est inac­cep­table qu’elle devienne le ter­rain de jeu de Mswa­ti III avec ses épouses et sa famille. Je déplore le manque de sou­tien et d’in­for­ma­tions des ins­tances étu­diantes inter­na­tio­nales quant à la libé­ra­tion des étu­diants déte­nus arbi­trai­re­ment et indé­fi­ni­ment dans ces pri­sons.

J’en appelle aux par­tis poli­tiques occi­den­taux, comme le PCF et les autres, pour qu’ils contri­buent à libé­rer le peuple Swa­zi de ce joug. J’es­père que le gou­ver­ne­ment fran­çais et l’Eu­rope dans son ensemble enten­dront la détresse de tous les Swa­zis en quête de pro­tec­tion. Plus impor­tant encore, il est essen­tiel que la France et l’Eu­rope recons­truisent leurs rela­tions et leur aide au gou­ver­ne­ment, confor­mé­ment aux valeurs démo­cra­tiques euro­péennes. Nous appe­lons les res­pon­sables poli­tiques, le gou­ver­ne­ment et tous les par­tis poli­tiques à prendre en consi­dé­ra­tion le peuple du Swa­zi­land ».

Partager cet article

Avant de partir

Votre soutien compte pour nous

Le Travailleur alpin vit depuis 1928 grâce à l’engagement de ses lecteurs. Aujourd’hui encore, ce média propose un autre regard sur vos espoirs, vos luttes, vos aspirations. Une voix unique dans la presse d’information départementale.

Pour protéger l’indépendance du Travailleur alpin, assurer son développement, vos dons nous sont précieux – nous assurons leur traitement en partenariat avec la fondation l’Humanité en partage.

Merci d’avance.

Faire un don défiscalisé maintenant

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *