Métropole. Les élus communistes appellent à « rassembler les progressistes »
Par Manuel Pavard
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Les élections municipales sont terminées depuis quasiment deux semaines maintenant, pourtant aucune date n’a encore été fixée pour la séance d’installation du nouveau conseil métropolitain. Seule certitude : celle-ci devra obligatoirement se tenir au plus tard le vendredi 24 avril. Problème, le flou entourant le calendrier facilite la multiplication des rumeurs et bruits de couloir concernant le futur exécutif métropolitain et par dessus tout le nom du successeur de Christophe Ferrari à la présidence de Grenoble-Alpes Métropole.

Sur le papier, la gauche semble avoir toutes les cartes en main. « Les élections municipales des 15 et 22 mars ont confirmé une réalité politique claire : les idées progressistes sont majoritaires sur le territoire de Grenoble-Alpes Métropole. Une majorité des habitantes et habitants sera administrée par des municipalités de gauche et écologistes », souligne ainsi le groupe Communes, coopération et citoyenneté (CCC), dans un communiqué daté du vendredi 3 avril.
« Ce résultat traduit une attente forte : celle d’une gauche utile, rassemblée et capable d’agir concrètement pour améliorer la vie quotidienne. »
« Les équipes municipales rassemblées autour des maires communistes Amandine Demore à Échirolles et David Queiros à Saint-Martin‑d’Hères ont été largement reconduites, ajoute-t-il. Ce résultat traduit une attente forte : celle d’une gauche utile, rassemblée et capable d’agir concrètement pour améliorer la vie quotidienne. » Mais si les élus communistes et apparentés à la Métropole ont décidé de s’exprimer, ce n’est pas pour verser dans l’auto-satisfaction.

Chat échaudé craint l’eau froide en effet. Car tout le monde a en mémoire le précédent de 2020. Soutenu par Éric Piolle et la majeure partie de la gauche et des écologistes, Yann Mongaburu avait finalement été battu par Christophe Ferrari, réélu grâce aux voix de la droite. Un casus belli originel dont la gauche locale, ressortie profondément fracturée de l’épisode, ne s’était jamais remise. Et qui avait conduit le maire de Grenoble et le président de la Métropole à s’affronter durant une grande partie de la mandature.
Pour les communistes, pas question de revivre ces sombres années et de laisser de nouveau la droite jouer les arbitres. Avec « une situation internationale de plus en plus préoccupante », associée aux « politiques d’austérité menées par le président Emmanuel Macron », la Métropole doit être « protectrice », affirment-ils. Et de poursuivre : « Alors que la métropole a renforcé ses compétences et ses moyens d’action, nous refusons une métropole technocratique, éloignée des communes et des habitants. Elle doit désormais engager une nouvelle phase de démocratie territoriale et de proximité avec les élus communaux. »
« Notre groupe proposera une candidature à la présidence »
Les élus communistes et apparentés appellent donc à « rassembler les progressistes » et à construire « une majorité métropolitaine claire et déterminée, autour de priorités fortes ». Parmi elles, la défense des services publics, un développement équilibré entre les territoires, une plus grande place données aux communes dans les décisions métropolitaines, « des politiques ambitieuses pour répondre à l’urgence sociale et écologique », et une vraie politique de mobilité « mêlant investissement et gratuité ».

Le futur groupe lance également un appel à « toutes celles et ceux qui se reconnaissent dans une gauche de transformation, écologiste et solidaire », afin de « proposer une candidature à la présidence de la Métropole ». Les communistes présenteront ainsi des noms aptes à défendre ce projet collectif au premier tour du scrutin métropolitain, mais d’autres — à condition de souscrire aux priorités précitées — pourront aussi incarner cette large candidature. Laquelle sera « porteuse d’un projet clair : une métropole plus juste, plus écologique et pleinement au service des communes et de leurs habitantes et habitants ».
Les quinze élus communistes et apparentés du futur groupe métropolitain
Amandine Demore (maire d’Échirolles), David Queiros (maire de Saint-Martin‑d’Hères), Zaim Bouhafs
(Échirolles), Eva Cantero (Échirolles), Brahim Cheraa (Saint-Martin‑d’Hères), Claudine Didier (Fontaine),
Aurélien Farge (Échirolles), Isabelle Gmira (Échirolles), Diana Kdouh (Saint-Martin‑d’Hères), Pierre Labriet
(Échirolles), Alexis Monge (Grenoble), Isabelle Peters (Grenoble), Lencka Popravka (Échirolles), Jérôme Rubes
(Saint-Martin‑d’Hères), Michelle Veyret (Saint-Martin‑d’Hères).


