Grenoble. La Cisem appelle à manifester contre le racisme et le fascisme

Par Luc Renaud

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Associations, collectifs, syndicats et partis de gauche main dans la main contre le racisme et pour la défense des migrants.
« Non au racisme, non aux fascistes, non aux violences d'état, solidarité ! ». C’est sous cet intitulé que la Coordination iséroise de solidarité avec les étrangers migrants (Cisem) – représentative d’une quarantaine d’organisations – appelle à manifester ce samedi 21 mars, à 14h30, place Victor-Hugo, à Grenoble.

Les orga­ni­sa­teurs rap­pellent la trop longue liste – non exhaus­tive – d’étrangers qui ont per­du la vie à la suite d’agressions cri­mi­nelles. « À la mémoire d’Abou­ba­car Cis­sé, Malien, sans-papiers, musul­man, tué dans une mos­quée, nous lut­tons contre l’is­la­mo­pho­bie et la négro­pho­bie. À la mémoire de Dja­mel Bend­ja­bal­lah, tué par un mili­tant fas­ciste, nous nous oppo­sons à la pré­sence des fas­cistes dans nos quar­tiers. À la mémoire d’El-Hacen Diar­ra, Mau­ri­ta­nien, résident d’un foyer de tra­vailleurs immi­grés, tué par la police, nous exi­geons véri­té et jus­tice pour tous les crimes poli­ciers. À la mémoire de Mama­dou Garan­ké Dial­lo, Gui­néen, mort au large de Dun­kerque en vou­lant tra­ver­ser la Manche pour fuir une OQTF, nous reven­di­quons la régu­la­ri­sa­tion des sans-papiers et la recon­nais­sance des mineures iso­lées… » 

En orga­ni­sant cette mani­fes­ta­tion dans le cadre d’un mou­ve­ment natio­nal, la Cisem appelle notam­ment à « se mobi­li­ser pour faire obs­tacle aux rafles poli­cières ; bar­rer la route au RN et à Recon­quête et à tous les groupes fas­cistes ; s’op­po­ser aux contrôles au faciès, aux armes et pra­tiques mor­telles ; abo­lir le per­mis de tuer sur le refus d’ob­tem­pé­rer et la pré­somp­tion de légi­time défense pour la police ; obte­nir le retrait des lois isla­mo­phobes, de la loi de 2004 dite « sur les signes reli­gieux à l’é­cole », à la loi « sépa­ra­tisme » ; exi­ger la régu­la­ri­sa­tion des sans-papiers, la recon­nais­sance des mineurs iso­lés, le renou­vel­le­ment auto­ma­tique des titres de séjour… » La Cisem demande à Gre­noble « le relo­ge­ment le plus rapide pos­sible des occu­pants de la Métro et des écoles occu­pées » en rap­pe­lant que « le racisme passe aus­si par l’ap­pau­vris­se­ment et les poli­tiques d’i­so­le­ment social dont sont vic­times les per­sonnes sans-papiers ».

Le PCF appelle à manifester

Sous le titre « Défendre les droits des migrants, c’est défendre l’ensemble du monde du tra­vail ! », le PCF appelle éga­le­ment à cette mani­fes­ta­tion.

Pour les com­mu­nistes, « la stig­ma­ti­sa­tion de l’im­mi­gra­tion est le moteur du pro­ces­sus de fas­ci­sa­tion de la socié­té, pous­sée par les médias de mil­liar­daires comme ceux du groupe Bol­lo­ré ». Ce pro­ces­sus est mis en œuvre avec un objec­tif : « S’en prendre aux migrants, c’est ser­vir l’a­gen­da des tenants du capi­tal, qui ont pour objec­tif l’in­ten­si­fi­ca­tion de l’ex­ploi­ta­tion du monde du tra­vail. » De fait, « ce n’est pas et jamais été l’im­mi­gra­tion en-soi qui fait pres­sion sur les salaires des tra­vailleurs, mais bien le fait de faire des tra­vailleurs migrants des « sans droits ni titres » qu’il est pos­sible d’ex­ploi­ter sans limite. » Et « ce n’est pas un hasard si en Ita­lie comme en France, on retrouve par­mi les sou­tiens de l’ex­trême droite des franges du monde éco­no­mique qui pro­fitent allè­gre­ment du « tra­vail dis­si­mu­lé », exploi­tant des migrants trai­tés en esclaves des temps modernes. » Une arme uti­li­sée pour tirer tous les salaires et les condi­tions de tra­vail vers le bas.

Le PCF insiste : « Notre camp social doit por­ter une parole forte. Une parole qui uni­fie, qui ras­semble, autour d’un mot d’ordre clair : même tra­vail, mêmes droits ! »

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