MC2 — Grenoble – Silvia Perez Cruz. Séduisante !
Par Régine Hausermann
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Sílvia Pérez Cruz entre sur scène, seule, tout de noir vêtue. Robe à volants, haut ajusté, cheveux longs et opulents, guitare en bandoulière, elle invite le public à reprendre le refrain de son premier opus. Son sourire, ses mimiques, sont une invitation au partage. Elle ne peut se retenir d’annoncer, avec une joie intense, que le 8 mars 2026, elle sera en concert à l’Olympia. A Paris ! Dans une salle mythique ! La consécration.
Après quelques chansons en solo, ses musiciens entrent dans la pénombre installée sur scène. Une violoncelliste, un contrebassiste et un violoniste. Le répertoire est varié. Se succèdent ses propres créations, une chanson composée par ses parents à sa naissance, deux morceaux inspirés par le fado, d’autres par le flamenco. Un air d’Atahulpa Yupanki, une composition sur un poème de Pessoa. Le public se laisse bercer et surprendre par la diversité des propositions. Il se révèle artiste lorsque, invité à siffler, il répond avec maestria.

Impossible de ne pas répondre aux applaudissements heureux du public à la fin du concert. Les musiciens quittent la scène mais Sílvia Pérez Cruz prend sa guitare pour nous offrir une vingtaine de minutes selon son inspiration. « J’aime chanter », dit-elle. On est saisi par les premiers accords de Cucurrucucu Paloma composée par le Mexicain Tomàs Mendez en 1954. Et l’on se laisse transporter par le cri, profondément émouvant, de « la colombe en deuil ». Jusqu’ici, nous l’associions à Caetano Veloso à la fin de Hable Con Ella, le film de Pedro Almodovar. Nous y ajouterons Silvia Perez Cruz à la voix nue, puissante et mouvante. Généreuse, l’artiste termine sur une reprise de l’Hymne à l’amour d’Edith Piaf « Peu m’importe si tu m’aimes… ».
Détours de Babel
Le festival Détours de Babel se poursuit jusqu’au 13 avril. Des dizaines de concerts à découvrir, dans différents lieux de l’agglomération grenobloise !