Métropole. Les élus communistes appellent à « rassembler les progressistes »

Par Manuel Pavard

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David Queiros, maire de Saint-Martin-d'Hères, Pierre Labriet, premier adjoint à Échirolles, et Amandine Demore, maire d'Échirolles, trois des quinze élus du groupe CCC à la Métropole de Grenoble.
Alors que le nouveau conseil métropolitain doit se réunir d'ici le 24 avril, en coulisses, les tractations vont bon train concernant l'élection à la présidence de la Métropole de Grenoble. Le groupe Communes, coopération et citoyenneté (CCC) regroupant les élus communistes et apparentés a donc pris la parole ce vendredi 3 avril, plaidant pour une candidature large, rassemblant les progressistes. Le but ? Éviter de donner à la droite un rôle d'arbitre favorisant les divisions de la gauche, comme en 2020.

Les élec­tions muni­ci­pales sont ter­mi­nées depuis qua­si­ment deux semaines main­te­nant, pour­tant aucune date n’a encore été fixée pour la séance d’ins­tal­la­tion du nou­veau conseil métro­po­li­tain. Seule cer­ti­tude : celle-ci devra obli­ga­toi­re­ment se tenir au plus tard le ven­dre­di 24 avril. Pro­blème, le flou entou­rant le calen­drier faci­lite la mul­ti­pli­ca­tion des rumeurs et bruits de cou­loir concer­nant le futur exé­cu­tif métro­po­li­tain et par des­sus tout le nom du suc­ces­seur de Chris­tophe Fer­ra­ri à la pré­si­dence de Gre­noble-Alpes Métro­pole.

Le pro­chain conseil métro­po­li­tain doit être ins­tal­lé d’i­ci le 24 avril.

Sur le papier, la gauche semble avoir toutes les cartes en main. « Les élec­tions muni­ci­pales des 15 et 22 mars ont confir­mé une réa­li­té poli­tique claire : les idées pro­gres­sistes sont majo­ri­taires sur le ter­ri­toire de Gre­noble-Alpes Métro­pole. Une majo­ri­té des habi­tantes et habi­tants sera admi­nis­trée par des muni­ci­pa­li­tés de gauche et éco­lo­gistes », sou­ligne ain­si le groupe Com­munes, coopé­ra­tion et citoyen­ne­té (CCC), dans un com­mu­ni­qué daté du ven­dre­di 3 avril.

« Ce résul­tat tra­duit une attente forte : celle d’une gauche utile, ras­sem­blée et capable d’agir concrè­te­ment pour amé­lio­rer la vie quo­ti­dienne. »

« Les équipes muni­ci­pales ras­sem­blées autour des maires com­mu­nistes Aman­dine Demore à Échi­rolles et David Quei­ros à Saint-Martin‑d’Hères ont été lar­ge­ment recon­duites, ajoute-t-il. Ce résul­tat tra­duit une attente forte : celle d’une gauche utile, ras­sem­blée et capable d’agir concrè­te­ment pour amé­lio­rer la vie quo­ti­dienne. » Mais si les élus com­mu­nistes et appa­ren­tés à la Métro­pole ont déci­dé de s’ex­pri­mer, ce n’est pas pour ver­ser dans l’au­to-satis­fac­tion.

Aman­dine Demore a été lar­ge­ment élue à Échi­rolles.

Chat échau­dé craint l’eau froide en effet. Car tout le monde a en mémoire le pré­cé­dent de 2020. Sou­te­nu par Éric Piolle et la majeure par­tie de la gauche et des éco­lo­gistes, Yann Mon­ga­bu­ru avait fina­le­ment été bat­tu par Chris­tophe Fer­ra­ri, réélu grâce aux voix de la droite. Un casus bel­li ori­gi­nel dont la gauche locale, res­sor­tie pro­fon­dé­ment frac­tu­rée de l’é­pi­sode, ne s’é­tait jamais remise. Et qui avait conduit le maire de Gre­noble et le pré­sident de la Métro­pole à s’af­fron­ter durant une grande par­tie de la man­da­ture.

Pour les com­mu­nistes, pas ques­tion de revivre ces sombres années et de lais­ser de nou­veau la droite jouer les arbitres. Avec « une situa­tion inter­na­tio­nale de plus en plus pré­oc­cu­pante », asso­ciée aux « poli­tiques d’aus­té­ri­té menées par le pré­sident Emma­nuel Macron », la Métro­pole doit être « pro­tec­trice », affirment-ils. Et de pour­suivre : « Alors que la métro­pole a ren­for­cé ses com­pé­tences et ses moyens d’action, nous refu­sons une métro­pole tech­no­cra­tique, éloi­gnée des com­munes et des habi­tants. Elle doit désor­mais enga­ger une nou­velle phase de démo­cra­tie ter­ri­to­riale et de proxi­mi­té avec les élus com­mu­naux. »

« Notre groupe proposera une candidature à la présidence »

Les élus com­mu­nistes et appa­ren­tés appellent donc à « ras­sem­bler les pro­gres­sistes » et à construire « une majo­ri­té métro­po­li­taine claire et déter­mi­née, autour de prio­ri­tés fortes ». Par­mi elles, la défense des ser­vices publics, un déve­lop­pe­ment équi­li­bré entre les ter­ri­toires, une plus grande place don­nées aux com­munes dans les déci­sions métro­po­li­taines, « des poli­tiques ambi­tieuses pour répondre à l’urgence sociale et éco­lo­gique », et une vraie poli­tique de mobi­li­té « mêlant inves­tis­se­ment et gra­tui­té ».

Qui suc­cé­de­ra à Chris­tophe Fer­ra­ri à la pré­si­dence ?

Le futur groupe lance éga­le­ment un appel à « toutes celles et ceux qui se recon­naissent dans une gauche de trans­for­ma­tion, éco­lo­giste et soli­daire », afin de « pro­po­ser une can­di­da­ture à la pré­si­dence de la Métro­pole ». Les com­mu­nistes pré­sen­te­ront ain­si des noms aptes à défendre ce pro­jet col­lec­tif au pre­mier tour du scru­tin métro­po­li­tain, mais d’autres — à condi­tion de sous­crire aux prio­ri­tés pré­ci­tées — pour­ront aus­si incar­ner cette large can­di­da­ture. Laquelle sera « por­teuse d’un pro­jet clair : une métro­pole plus juste, plus éco­lo­gique et plei­ne­ment au ser­vice des com­munes et de leurs habi­tantes et habi­tants ».

Les quinze élus com­mu­nistes et appa­ren­tés du futur groupe métro­po­li­tain

Aman­dine Demore (maire d’Échirolles), David Quei­ros (maire de Saint-Martin‑d’Hères), Zaim Bou­hafs
(Échi­rolles), Eva Can­te­ro (Échi­rolles), Bra­him Che­raa (Saint-Martin‑d’Hères), Clau­dine Didier (Fon­taine),
Auré­lien Farge (Échi­rolles), Isa­belle Gmi­ra (Échi­rolles), Dia­na Kdouh (Saint-Martin‑d’Hères), Pierre Labriet
(Échi­rolles), Alexis Monge (Gre­noble), Isa­belle Peters (Gre­noble), Len­cka Poprav­ka (Échi­rolles), Jérôme Rubes
(Saint-Martin‑d’Hères), Michelle Vey­ret (Saint-Martin‑d’Hères).

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