Grenoble. La Cisem appelle à manifester contre le racisme et le fascisme
Par Luc Renaud
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Les organisateurs rappellent la trop longue liste – non exhaustive – d’étrangers qui ont perdu la vie à la suite d’agressions criminelles. « À la mémoire d’Aboubacar Cissé, Malien, sans-papiers, musulman, tué dans une mosquée, nous luttons contre l’islamophobie et la négrophobie. À la mémoire de Djamel Bendjaballah, tué par un militant fasciste, nous nous opposons à la présence des fascistes dans nos quartiers. À la mémoire d’El-Hacen Diarra, Mauritanien, résident d’un foyer de travailleurs immigrés, tué par la police, nous exigeons vérité et justice pour tous les crimes policiers. À la mémoire de Mamadou Garanké Diallo, Guinéen, mort au large de Dunkerque en voulant traverser la Manche pour fuir une OQTF, nous revendiquons la régularisation des sans-papiers et la reconnaissance des mineures isolées… »
En organisant cette manifestation dans le cadre d’un mouvement national, la Cisem appelle notamment à « se mobiliser pour faire obstacle aux rafles policières ; barrer la route au RN et à Reconquête et à tous les groupes fascistes ; s’opposer aux contrôles au faciès, aux armes et pratiques mortelles ; abolir le permis de tuer sur le refus d’obtempérer et la présomption de légitime défense pour la police ; obtenir le retrait des lois islamophobes, de la loi de 2004 dite « sur les signes religieux à l’école », à la loi « séparatisme » ; exiger la régularisation des sans-papiers, la reconnaissance des mineurs isolés, le renouvellement automatique des titres de séjour… » La Cisem demande à Grenoble « le relogement le plus rapide possible des occupants de la Métro et des écoles occupées » en rappelant que « le racisme passe aussi par l’appauvrissement et les politiques d’isolement social dont sont victimes les personnes sans-papiers ».
Le PCF appelle à manifester
Sous le titre « Défendre les droits des migrants, c’est défendre l’ensemble du monde du travail ! », le PCF appelle également à cette manifestation.
Pour les communistes, « la stigmatisation de l’immigration est le moteur du processus de fascisation de la société, poussée par les médias de milliardaires comme ceux du groupe Bolloré ». Ce processus est mis en œuvre avec un objectif : « S’en prendre aux migrants, c’est servir l’agenda des tenants du capital, qui ont pour objectif l’intensification de l’exploitation du monde du travail. » De fait, « ce n’est pas et jamais été l’immigration en-soi qui fait pression sur les salaires des travailleurs, mais bien le fait de faire des travailleurs migrants des « sans droits ni titres » qu’il est possible d’exploiter sans limite. » Et « ce n’est pas un hasard si en Italie comme en France, on retrouve parmi les soutiens de l’extrême droite des franges du monde économique qui profitent allègrement du « travail dissimulé », exploitant des migrants traités en esclaves des temps modernes. » Une arme utilisée pour tirer tous les salaires et les conditions de travail vers le bas.
Le PCF insiste : « Notre camp social doit porter une parole forte. Une parole qui unifie, qui rassemble, autour d’un mot d’ordre clair : même travail, mêmes droits ! »


