Municipales à Grenoble. La fusion actée entre les listes de Laurence Ruffin et LFI
Par Manuel Pavard
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Les négociations s’étaient ouvertes dès la proclamation des résultats du premier tour des municipales. Elles se sont poursuivies tout au long de la journée du lundi 16 mars, pour aboutir à un accord en fin de journée, confirmé à la fois par Laurence Ruffin et par Allan Brunon. La liste d’union de la gauche écologiste et citoyenne et celle de la France insoumise vont donc fusionner en vue du second tour, qui donnera ainsi lieu à un duel entre Laurence Ruffin et Alain Carignon, dimanche 22 mars.

Pour la candidate de la liste Oui Grenoble comme pour son homologue insoumis, crédités respectivement de 26,33 % et 14,59 %, c’est la menace incarnée par Alain Carignon (LR), arrivé légèrement en tête avec 27,03 % des voix, et donc le risque d’un retour aux affaires de la droite 31 ans après, qui ont précipité la recherche d’une alliance.
Un accord qualifié de « technique » et non « programmatique » par Allan Brunon, dont l’objectif affiché est de battre « la droite affairiste, clientéliste, raciste et islamophobe » représentée par l’ancien maire de Grenoble. Laurence Ruffin abonde, évoquant un rapprochement « sur la base de notre projet », et qui permet à sa liste de rester « majoritaire ».
Treize places pour LFI dont six à la Métro, en cas de succès
Sur quels termes est fondé cet accord ? Concrètement, la fusion impliquera, selon nos informations, l’arrivée de treize colistiers LFI sur la liste commune. D’âpres discussions ont été nécessaires pour fixer ce chiffre qui a pour avantage, du côté de Oui Grenoble, de ne pas offrir aux insoumis une potentielle minorité de blocage au conseil municipal. Ce qui aurait été le cas, par exemple, avec seize. Néanmoins, ces derniers pourront se satisfaire de disposer de treize élus en cas de victoire de la gauche. Avec, parmi eux, six futurs conseillers métropolitains LFI — l’autre point sur lequel ont porté les tractations.

Tout cela a naturellement pour corollaire le départ d’un nombre équivalent de colistiers présents sur la liste de Laurence Ruffin au premier tour. Ces treize noms devraient se répartir à parts égales — disons plus ou moins égales, nombre impair oblige — entre les membres issus de la société civile et des partis politiques. Les choses se décanteront à ce sujet dans la journée du mardi 17 mars, les listes définitives pour le second tour devant être déposées en préfecture ce mardi soir au plus tard.
Gauche rassemblée et front unique
Par ailleurs, Laurence Ruffin et son équipe poursuivent en parallèle les discussions entamées avec la liste Grenoble capitale citoyenne, conduite par Romain Gentil (Place publique, Parti radical de gauche, Équinoxe). Lequel, un temps annoncé qualifié pour le second tour, échoue finalement pour trois maigres voix, avec un score de 9,995 %, arrondi initialement à 10 %.

Sur ce point, les négociations s’annonçaient tout sauf aisées, Raphaël Glucksmann, coprésident de Place publique, ayant exclu toute alliance entre son mouvement et LFI. Mais Laurence Ruffin semblait malgré tout plutôt optimiste sur l’aboutissement de cette « discussion tripartite », saluant notamment le sens des « responsabilités » manifesté par les militants locaux, parfois à rebours de consignes nationales déconnectées du terrain.
Si l’on y ajoute le soutien implicite apporté ce lundi 16 mars par le Grenoble Alpes collectif (4,98 % au premier tour), qui a affiché sa volonté de faire barrage à Alain Carignon, Laurence Ruffin aura rempli son premier objectif de « faire l’union » en rassemblant l’ensemble de la gauche. Une vieille stratégie du mouvement ouvrier, réactualisée selon le contexte local : le front unique antifasciste contre l’union des droites. Reste à transformer l’essai dimanche.


