Municipales 2026 en Isère. Prime aux sortants et des incertitudes

Par Manuel Pavard

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La maire sortante de Vizille Catherine Troton (divers gauche) et son colistier Bernard Ughetto (PCF), largement réélus au premier tour avec 78,75 % des voix.
En Isère, le premier tour des élections municipales a donné lieu à des résultats hétérogènes, ce dimanche 15 mars. Avec la prime aux sortants dans de nombreuses communes. À gauche - outre à Saint-Martin-d'Hères et très certainement à Échirolles -, les maires de Saint-Égrève, Eybens, Seyssinet-Pariset ou encore Vizille sont ainsi réélus. Mais la menace de la droite est réelle à Meylan, malgré la première place de Philippe Cardin, tandis qu'à Crolles, Rives ou Saint-Marcellin, les listes d'union de la gauche devront déjouer les pronostics au second tour.

Si en Isère, les pro­jec­teurs média­tiques sont logi­que­ment bra­qués sur Gre­noble et le duel Ruf­fin-Cari­gnon qui s’an­nonce au second tour, on votait bien sûr dans l’en­semble du dépar­te­ment, ce dimanche 15 mars. Et, comme sou­vent dans une élec­tion muni­ci­pale, la prime aux sor­tants est obser­vée dans une bonne par­tie du ter­ri­toire, avec de nom­breux maires réélus au pre­mier tour ou en bal­lot­tage très favo­rable avant le 22 mars.

C’est ain­si le cas dans les trois com­munes de l’his­to­rique « cein­ture rouge » gre­no­bloise et ce, des deux côtés de l’é­chi­quier poli­tique : à gauche, les com­mu­nistes David Quei­ros, réélu à Saint-Mar­tin-d’Hères, et Aman­dine Demore, dans un fau­teuil à Échi­rolles ; à droite, le MoDem Franck Lon­go, réélu à Fon­taine. Même constat dans le reste de l’I­sère. Du côté des listes d’u­nion de la gauche, les éco­lo­gistes Laurent Ama­dieu à Saint-Égrève (59 %), Nico­las Richard à Eybens (51,07 %), et Florent Cho­lat à Cham­pa­gnier (55,10 %) ain­si que le socia­liste Guillaume Lis­sy à Seys­si­net-Pari­set (62,16 %) sont tous recon­duits pour un nou­veau man­dat.

Guillaume Lis­sy, maire PS de Seys­si­net-Pari­set, réélu lui aus­si au pre­mier tour.

Idem pour la maire divers gauche de Vizille Cathe­rine Tro­ton (78,75 %), qui domine la liste éco­lo­giste conduite par Syl­vain Gar­cia de la Rosa (21,25 %) et Lio­nel Coif­fard, vice-pré­sident de la Métro­pole et copré­sident du groupe UMA. Cer­tains édiles, comme André Mon­dange, maire com­mu­niste sor­tant du Péage-de-Rous­sillon, ou le pré­sident de la Métro­pole de Gre­noble Chris­tophe Fer­ra­ri (Place publique), maire de Pont-de-Claix, obtiennent même le score par­fait de 100 %, étant seuls en lice.

À droite, plu­sieurs « barons locaux » conservent éga­le­ment leur mai­rie dès le pre­mier tour, à l’i­mage de Julien Polat à Voi­ron (63,26 %), Thier­ry Kovacs à Vienne (57,18 %), Vincent Chri­qui à Bour­goin-Jal­lieu (54,15 %), voire Chris­tophe Revil à Claix (70 %). D’autres sont en très bonne pos­ture, comme le maire de Sas­se­nage Michel Ven­dra (46,77 %) qui sera notam­ment oppo­sé, lors d’une pos­sible tri­an­gu­laire, au can­di­dat de l’u­nion de la gauche Michel Bar­rio­nue­vo (27,92 %).

Par­mi les seconds tours incer­tains, quelques scru­tins impliquent des listes de gauche aux for­tunes diverses. Exemple à Seys­sins où le can­di­dat divers gauche Vincent Pey­ta­vin — qui compte notam­ment des colis­tiers éco­lo­gistes, socia­listes et com­mu­nistes — arrive en pre­mière posi­tion avec 39,84 %, devance le maire cen­triste sor­tant Fabrice Huge­lé (36,94 %) et Anne-Marie Malan­dri­no (divers droite, 23,22 %). Ou encore à Vif, avec une poten­tielle qua­dran­gu­laire au second tour, les deux listes de gauche de Guillaume Caras­sio (33,9 %) et Céline Gran­gé (14,89 %) enca­drant les deux listes divers centre de Giu­seppe Fer­ra­ra (24,52 %) et Colette Roul­let (24,30 %).

Éli­sa­beth Pouech et Chris­tophe Gher­si­nu, de la liste Unis pour Saint-Mar­cel­lin, qua­li­fiés pour le second tour, ne par­ti­ront cepen­dant pas favo­ris.

Autre com­mune au pro­nos­tic com­pli­qué, Crolles où le can­di­dat de l’u­nion de la gauche et des éco­lo­gistes Ade­lin Javet (30,28 %) est devan­cé par le maire Phi­lippe Lori­mier (41,03 %). Lequel pour­rait, mal­gré son éti­quette PS pas­sée, ten­ter un rap­pro­che­ment avec la tête de liste de droite, Laure Fayolle (28,69 %). Quant aux com­mu­nistes Jérôme Bar­bie­ri et Chris­tophe Gher­si­nu, tous deux à la tête d’une coa­li­tion de gauche, ceux-ci appa­raissent en bal­lot­tage défa­vo­rable, res­pec­ti­ve­ment à Rives (28,79 %) et Saint-Mar­cel­lin (17,93 %), avec un retard assez net sur leurs adver­saires de droite.

Enfin, beau­coup auront les yeux rivés vers Mey­lan, dimanche 22 mars. Après avoir ravi ce bas­tion de la droite en 2020, le maire éco­lo­giste sor­tant Phi­lippe Car­din arrive certes en tête (39,24 %) au pre­mier tour. Mais San­drine Chaix (divers droite), en troi­sième posi­tion avec 27,59 %, a annon­cé son désis­te­ment faveur de Joëlle Hours (33,16 %). Et leurs scores cumu­lés donnent à cette der­nière les faveurs des pro­nos­tics. Néan­moins, la poli­tique est loin d’être une science exacte et l’é­dile estime « le jeu ouvert ».

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