Les Avenières Veyrins-Thuellin. Empêcher le RN de conquérir la ville
Par Didier Gosselin
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Comme dans de nombreuses villes, c’est l’assistant parlementaire du député RN Alexis Jolly, qui se présente aux Avenières Veyrins-Thuellin. Il a face à lui deux autres listes qui n’affichent pas la couleur mais que l’on peut, derrière le « sans étiquette », qualifier de centre-droit. Faute de représentation politique locale, la gauche est absente de ce scrutin. Néanmoins, la candidate du NFP avait obtenu 30% des voix aux dernières législatives et les militants communistes locaux affichent régulièrement leur présence, distribuent leur journal L’Aveyrlinois, initient ou soutiennent des actions comme celles contre la fermeture de la poste et des écoles primaires de deux hameaux…

C’est pourquoi, même si le RN affiche une confiance absolue dans sa victoire, y compris parce qu’il n’a eu aucun mal à recruter localement des candidats, rien n’est joué, et une défaite serait un revers incontestable dans sa conquête sur ces terres historiquement de droite.
Le RN fait patte de velours
Les propositions municipales du RN ne se différencient pas beaucoup de celles de ses concurrents. Renforcer la police municipale et la vidéosurveillance, redynamiser le centre ville, s’engager à investir dans une ou deux nouvelles infrastructures (dont le boulodrome !), à sauver l’église de la démolition et à ne pas augmenter la fiscalité… Démagogique toujours, il annonce défendre les services publics et le centre social et annonce qu’il s’opposera aux terrains familiaux locatifs (gens du voyage) pour « préserver la tranquillité » …
Souhaitant réagir à ce discours apparemment policé, les communistes se sont adressés à la population à travers un tract rappelant les enjeux de ces élections locales :
Ceux qui disent qu’il ne s’agit pas d’élections politiques se trompent !
« La politique se réfère à la pratique du pouvoir, et en philosophie est définie « comme l’art de gouverner le bien commun ».
Pour les communistes aveyrlinois, « ces élections en préfigurent d’autres et représentent la manière dont nous, citoyens, souhaitons être entendus et associés aux décisions qui nous concernent — la démocratie locale — et choix qui ont été faits. Comme par exemple la fermeture du service public de la poste ou les tentatives de fermetures des écoles des hameaux de Buvin et Curtille, décisions prises sans concertation par l’équipe municipale de la mandature actuelle ».
« La situation est grave, tant sur le plan international que national, poursuivent-ils, et c’est un choix de société que nous avons à faire lors de ces élections, ainsi que lors des prochaines, même si à l’échelon communal les élus ont été dessaisis, au fil des réformes, de moyens financiers alors que dans le même temps l’Etat leur transférait de plus en plus de compétences, et les obligeait à se substituer à lui en organisant une réponse à des besoins non satisfaits, comme les soins (déserts médicaux et il ne s’agit que d’un exemple). »
« Quand on parle de la société que nous voulons, on parle aussi et surtout de valeurs, et du respect des principes de nos institutions républicaines, fruits de notre histoire. Les mots inscrits au fronton de nos mairies, Liberté Egalité Fraternité, doivent rester cette lumière qui nous éclaire, au moment où nous traversons une triste époque qui pourrait présager des lendemains noirs, très noirs. »
Quelles valeurs, quel enjeu de société ?
« En ces temps troublés, les défenseurs de la démocratie, du progrès social, de la solidarité, de la paix, du climat, de l’écologie, sont présentés comme des ennemis de la République, parce qu’ils défendent les salariés (syndicats), l’interdiction de l’usage de certains pesticides néfastes à la santé, des exploitations agricoles familiales à taille humaine, la non-confiscation de l’eau au profit de l’agro-industrie, ou encore dénoncent le génocide perpétré en Palestine, le non-respect du droit international etc… De leur côté, les partisans d’une France blanche, obsédés par l’immigration qui a pourtant contribué à construire notre pays, sont décidés à utiliser avec cynisme la gravité des heures sombres que nous vivons pour tenter d’asseoir leur hégémonie. Par un formidable renversement des valeurs, l’extrême-droite dont on connait l’histoire, notamment sa violence raciste et antisociale, se présente comme une victime de la gauche et de l’antifascisme… ! On croit rêver mais au contraire c’est un mauvais cauchemar dont il va falloir se réveiller ! »
« Nous appelons à un sursaut républicain, en allant voter pour la liste faisant apparaitre au moins une logique de concertation et de dialogue avec les habitants, à défaut d’un véritable projet et d’un programme pour notre commune. Et en espérant que la logique participative permette de construire un projet avec les habitants, et ce sur la base du respect des différences de chacun ».
Le RN a une histoire…
Les communistes rappellent que « la liste « divers droite » est soutenue par l’Union des droites pour la République et le Rassemblement national, parti politique sous le coup de poursuites judiciaires pour détournement d’argent public (affaire des assistants parlementaires européens du Front national de 2004 à 2016) ». Que cette liste « déclare entre autres dans son programme local vouloir s’opposer aux terrains familiaux locatifs. Il s’agit là non seulement d’une opposition à une obligation prévue par la loi, donc un non-respect de celle-ci, mais également d’un rejet d’une partie de la population, ici les gens du voyage, et une façon démagogique d’alimenter ainsi les préjugés et les stigmatisations dont le RN est coutumier. Derrière la façade de la « dédiabolisation » du RN, poursuit le communiqué du PCF, il y a une histoire et des enjeux. Le Rassemblement national, l’enfant du Front national fondé en 1972 par des sympathisants nazis et de l’OAS, a bien une histoire, et elle n’est pas glorieuse… »
Par respect pour celles et ceux qui ont combattu le nazisme lors de la seconde guerre mondiale, souvent au sacrifice de leur vie, nous ne pouvons décemment pas accepter l’idée que ce parti réactionnaire arrive au pouvoir, que ce soit localement ou nationalement. »
Le RN, entre le discours et la réalité des votes à l« Assemblée...
« Sous ses apparences de défense des classes populaires, voici ce à quoi, concrètement, le Rassemblement national s’est opposé au sein de l’assemblée nationale en votant contre :
- L’augmentation du salaire minimum SMIC à 1 500 euros nets mensuel.
- L’égalité professionnelle Femme/Homme.
- Le rétablissement de l’Impôt de Solidarité sur la Fortune.
- L’augmentation des moyens contre la délinquance économique et financière.
- La protection des populations aux risques liés au substances chimiques PFAS.
- L’instauration de prix planchers pour les agriculteurs.
- L’augmentation des financements des pompiers.
- Le gel des loyers.
- La loi transpartisane pour mettre fin aux déserts médicaux.
- La taxe Zucman de justice fiscale.
En revanche, c’est vrai qu’il a, au motif de « réduire le millefeuille territorial », voté pour une baisse de 4,9 milliards de la dotation publique aux collectivités locales notamment les intercommunalités. Ce qui en dit long ! Si les communes ont pour compétences le logement, l’urbanisme, l’aide sociale, les écoles, l’accueil du jeune enfant, le patrimoine, la culture…, les intercommunalités ont pour objet l’élaboration de projets communs comme le développement économique, l’assainissement, l’aménagement du territoire, la prévention des inondations, la collecte et le traitement des déchets, la promotion du tourisme etc.
Enfin, le RN est dans une logique libérale exacerbée, un capitalisme débridé, pour preuve les soutiens médiatiques, politiques et patronaux dont il dispose, de la part de milliardaires comme Vincent Bolloré ou Pierre-Edouard Sterin, qui contrôlent des médias, s’opposent à tout progrès social et promeuvent des idées d’extrême-droite.
Aussi, ne nous appuyons pas sur les promesses, les beaux discours, la démagogie, les amalgames, les mensonges, mais allons toujours vérifier à la source les informations délivrées par les médias sponsors du RN… Pour notre part, nos sources, ce sont celles des Bulletins Officiels de l’Assemblée nationale.
Les élections municipales sont un enjeu local et avec des incidences à l’échelon intercommunal, chaque commune ayant des représentants au conseil communautaire ».
« Le PCF appelle toutes celles et tous ceux qui sont attaché(e)s aux valeurs de la République laïque et sociale, et par respect de notre histoire, à se manifester en leur âme et conscience en allant voter le 15 mars afin que cesse ce climat de haine et de rejet. Nous avons besoin de progrès social, de paix, de tolérance, et de développer le vivre-ensemble. »



