Forte mobilisation à Echirolles pour sauver « Village 2 santé »
Par Edouard Schoene
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Des centres et maisons de santé pluri professionnelles avaient engagé après la crise du Covid-19 une expérimentation d’État (expérimentation SECPa pour Structures d’exercice coordonné participatives) afin de favoriser la santé dans les territoires subissant fortement les inégalités sociales de santé.
Il y a huit jours, l’État a annoncé la fin du financement de ces conventions alors même que les évaluations sont très positives et que l’expérimentation était sur le point de rentrer dans le droit commun. Ce désengagement menace de fermeture l’ensemble des structures participantes.
Un article développe ce coup de tonnerre dans le monde de la santé publique. Une pétition a été lancée par les structures qui bénéficient de ce financement.

« Le village 2 santé » travaille en direction de 2500 patients-acteurs de santé. A la différence de maisons de santé privées, un tel centre de santé communautaire, outre un temps conséquent consacré à ses patients, mène des actions complémentaires qui le distinguent radicalement de la médecine à but lucratif : accueil, médiation, psychologie, travail social.
Ce centre compte dix-huit salariés dont sept équivalents temps plein pour les actions au-delà de la consultation médicale.

La suppression de la SECPa, qui correspond à Echirolles à 40% du budget (500 000€), serait la mort de la structure. Or 13 000 Echirollois n’ont pas de médecin traitant.
Les témoignages des personnels du centre de santé et des usagers qui ont pris la parole étaient très émouvants, convaincants. Plusieurs ont témoigné qu’ils ne seraient plus de ce monde sans ce centre qui les a sauvé de la mort, de l’addiction, de la souffrance.
« Ici on vient comme on est. On nous fait participer à plein de choses. »
Les élus étaient nombreux pour apporter leur soutien dont Amandine Demore, maire, Cyrielle Chatelain, députée, Eric Hours, conseiller régional.

Ce dernier a dénoncé les difficultés qu’il rencontre pour obtenir des subventions de la région pour Village 2 tandis que des structures privées qui dégagent des profits considérables recueillent 80% de subventions sur leur projet.
Des élus de Pont de Claix, Grenoble (M. Juvin, adjoint) sont venus soutenir l’action.
A l’issue des prises de parole, une personne âgée, Mme Giraud, a chanté .
Le débat s’est poursuivi par petits groupes.

Un des soignants, Gaspard Heysch, évoquait le souhait de nombreux acteurs des centres de santé communautaire que les dispositifs remis en cause soient au contraire la règle générale de demain, le droit commun.
En Belgique, un dispositif existe qui serait une bonne base pour une réforme de notre système de santé.
La Sécurité sociale finance les centres de santé (privés et publics) « à l’acte » : paiement des consultations. Le système belge prend en compte le coût annuel d’un patient. Si le centre de santé porte un budget de X milliers d’euros, pour Y patients, son aide publique sera de X/Y euros par patient.
Ainsi un centre de santé communautaire peut poursuivre son activité au sens large de ce qu’est la santé communautaire.



