Forte mobilisation à Echirolles pour sauver « Village 2 santé »

Par Edouard Schoene

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Cent cinquante personne ont participé au rassemblement de soutien au centre de santé Village 2 santé.
Plus de vingt-six structures de santé, dont « Le village 2 santé » d’Echirolles sont menacées par la suppression annoncée de financements publics. Le centre de santé communautaire d’Echirolles organisait le 5 février une « journée morte » avec un moment fort à 14h, marqué par une très grande mobilisation.

Des centres et mai­sons de san­té plu­ri pro­fes­sion­nelles avaient enga­gé après la crise du Covid-19 une expé­ri­men­ta­tion d’É­tat (expé­ri­men­ta­tion SEC­Pa pour Struc­tures d’exer­cice coor­don­né par­ti­ci­pa­tives) afin de favo­ri­ser la san­té dans les ter­ri­toires subis­sant for­te­ment les inéga­li­tés sociales de san­té. 

Il y a huit jours, l’É­tat a annon­cé la fin du finan­ce­ment de ces conven­tions alors même que les éva­lua­tions sont très posi­tives et que l’ex­pé­ri­men­ta­tion était sur le point de ren­trer dans le droit com­mun. Ce désen­ga­ge­ment menace de fer­me­ture l’en­semble des struc­tures par­ti­ci­pantes.

Un article déve­loppe ce coup de ton­nerre dans le monde de la san­té publique. Une péti­tion a été lan­cée par les struc­tures qui béné­fi­cient de ce finan­ce­ment.

Des usa­gers du centre de san­té sont venus témoi­gner.

« Le vil­lage 2 san­té » tra­vaille en direc­tion de 2500 patients-acteurs de san­té. A la dif­fé­rence de mai­sons de san­té pri­vées, un tel centre de san­té com­mu­nau­taire, outre un temps consé­quent consa­cré à ses patients, mène des actions com­plé­men­taires qui le dis­tinguent radi­ca­le­ment de la méde­cine à but lucra­tif : accueil, média­tion, psy­cho­lo­gie, tra­vail social.

Ce centre compte dix-huit sala­riés dont sept équi­va­lents temps plein pour les actions au-delà de la consul­ta­tion médi­cale.

Aman­dine Demore, maire d’E­chi­rolles, est venue appor­ter son sou­tien aux pro­fes­sion­nels de san­té.

La sup­pres­sion de la SEC­Pa, qui cor­res­pond à Echi­rolles à 40% du bud­get (500 000€), serait la mort de la struc­ture. Or 13 000 Echi­rol­lois n’ont pas de méde­cin trai­tant.

Les témoi­gnages des per­son­nels du centre de san­té et des usa­gers qui ont pris la parole étaient très émou­vants, convain­cants. Plu­sieurs ont témoi­gné qu’ils ne seraient plus de ce monde sans ce centre qui les a sau­vé de la mort, de l’addiction, de la souf­france.

« Ici on vient comme on est. On nous fait par­ti­ci­per à plein de choses. »

Les élus étaient nom­breux pour appor­ter leur sou­tien dont Aman­dine Demore, maire, Cyrielle Cha­te­lain, dépu­tée, Eric Hours, conseiller régio­nal.

Eric Hours, conseiller régio­nal PCF.

Ce der­nier a dénon­cé les dif­fi­cul­tés qu’il ren­contre pour obte­nir des sub­ven­tions de la région pour Vil­lage 2 tan­dis que des struc­tures pri­vées qui dégagent des pro­fits consi­dé­rables recueillent 80% de sub­ven­tions sur leur pro­jet.

Des élus de Pont de Claix, Gre­noble (M. Juvin, adjoint) sont venus sou­te­nir l’action.

A l’issue des prises de parole, une per­sonne âgée, Mme Giraud, a chan­té .

Le débat s’est pour­sui­vi par petits groupes.

Les patients sont très atta­chés à leur centre de san­té dans tous les aspects de son acti­vi­té.

Un des soi­gnants, Gas­pard Heysch, évo­quait le sou­hait de nom­breux acteurs des centres de san­té com­mu­nau­taire que les dis­po­si­tifs remis en cause soient au contraire la règle géné­rale de demain, le droit com­mun.

En Bel­gique, un dis­po­si­tif existe qui serait une bonne base pour une réforme de notre sys­tème de san­té.

La Sécu­ri­té sociale finance les centres de san­té (pri­vés et publics) « à l’acte » : paie­ment des consul­ta­tions. Le sys­tème belge prend en compte le coût annuel d’un patient. Si le centre de san­té porte un bud­get de X mil­liers d’euros, pour Y patients, son aide publique sera de X/Y euros par patient.

Ain­si un centre de san­té com­mu­nau­taire peut pour­suivre son acti­vi­té au sens large de ce qu’est la san­té com­mu­nau­taire.

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