Fontaine. Une famille menacée d’expulsion imminente par la mairie

Par Edouard Schoene

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La ville de Fontaine a commencé la démolition d'un immeuble hébergeant des familles précaires tout en lançant en parallèle la procédure d'expulsion de la famille M.
Dans le viseur de la mairie de Fontaine depuis de longs mois, une mère et ses enfants - dont deux sont scolarisés dans la commune - risquent l'expulsion de leur logement d'un instant à l'autre, à quelques jours de la rentrée. Une décision brutale vivement dénoncée par le collectif de soutien, qui réclame un hébergement pérenne pour la famille.

Dans un com­mu­ni­qué de presse daté du 26 août, plu­sieurs asso­cia­tions et col­lec­tifs de Fon­taine (voir enca­dré1) alertent sur un dan­ger immi­nent d’expulsion de la famille M. de son héber­ge­ment muni­ci­pal : « Mme M. était convo­quée par la police pour une enquête préa­lable à l’expulsion le ven­dre­di 22 août au matin. Accom­pa­gnée par une membre du col­lec­tif de sou­tien, elle s’est vue confir­mer le pro­jet d’ex­pul­sion et pré­ci­ser la pro­cé­dure, qui risque d’être rapide. Avec le sou­tien actif (trois mobi­li­sa­tions publiques depuis jan­vier et plus de 600 signa­tures sur une péti­tion en ligne) de nombreux.ses Fontainois.e.s, nous dénon­çons depuis des mois la volon­té de la mai­rie qui main­tient son pro­jet d’ex­pul­sion injuste et bru­tal. Cette déci­sion n’est accom­pa­gnée d’au­cun sou­tien social réel. Au contraire, la der­nière ren­contre au CCAS a plu­tôt tour­né au « pro­cès » d’une mère de famille fra­gi­li­sée et impuis­sante : il s’a­git donc bien de la mise à la rue d’une mère et de ses enfants dont deux sont scolarisé.e.s dans une école et un col­lège de la com­mune. »

Un ras­sem­ble­ment de soli­da­ri­té avec la famille s’é­tait tenu en mai devant la mai­rie de Fon­taine, à l’i­ni­tia­tive du col­lec­tif de sou­tien. © Edouard Schoene

L’expulsion de la famille peut inter­ve­nir dans les pro­chains jours. Or, Mme M. a été hos­pi­ta­li­sée en août et doit subir une nou­velle inter­ven­tion chi­rur­gi­cale mi-sep­tembre. En outre, la ren­trée sco­laire de sep­tembre approche pour les deux enfants scolarisé.e.s. Le col­lec­tif de sou­tien appelle donc au main­tien de la famille dans les locaux de la ville tant qu’une offre de relo­ge­ment n’aura pas été actée.

Le bâti­ment en cours de démo­li­tion, ave­nue Yves-Farge, ven­dre­di 29 août. © Edouard Schoene

Un appel lan­cé alors que la ville de Fon­taine enga­geait au même moment la démo­li­tion d’un immeuble, ave­nue Yves-Farge (à côté de l’école Mar­cel-Cachin). Un bâti­ment qui, depuis des années, accueillait des familles en grande dif­fi­cul­té. Cet immeuble aurait pour­tant pu être réno­vé pour main­te­nir sa fonc­tion. Et ce, d’au­tant que la muni­ci­pa­li­té réduit bru­ta­le­ment, depuis le début du man­dat de Franck Lon­go en 2020, les héber­ge­ments d’urgence.

  • 1 RESF Fon­taine, FCPE 38, CSF 38, Inter­syn­di­cale « Enfants migrant.e.s à l’é­cole » (FSU 38, CGT éduc’ac­tion 38, SUD édu­ca­tion 38 et CNT édu­ca­tion 38), DAL 38 et Groupe soli­da­ri­té de la paroisse catho­lique Saint-Michel du Drac.

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