Une conférence au CHU de Grenoble sur les troubles bipolaires
Par Maryvonne Mathéoud
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Longtemps connue sous le nom de troubles maniaco-dépressifs cette maladie touche 1 % à 2 % de la population. Cette pathologie reste cependant très méconnue. En effet, beaucoup de personnes atteintes n’osent pas en parler. Leurs émotions sont « démesurées », elles passent alternativement d’un état d’excitation euphorique anormale à un état léthargique et mélancolique (complètement dépressif !). De plus, le délai avant le diagnostic est souvent trop long.
Ces précisions étaient apportées en introduction de la journée par le professeur Polosan, docteur en neurosciences, chef du service de psychiatrie de l’adulte du CHU.
Son exposé s’est poursuivi sur les troubles post-partum dans la bipolarité. Ces troubles regroupent un ensemble de perturbations de de l’humeur qui touche entre 10 et 20 % des femmes après un accouchement. Souvent sous-diagnostiquée, cette pathologie peut entraîner des répercussions graves si elle n’est pas prise en charge, tant pour la mère que pour l’enfant.
Trois facteurs de risque
Les variations de l’humeur sont courantes, chez la plupart des personnes, mais peuvent atteindre (en absence de traitement) un niveau excessif chez les bipolaires. Les périodes de crise (vers le haut ou vers le bas) alternent avec des périodes de rémission. Dans de nombreux cas, ces troubles peuvent être associés à des pratiques addictives, et ils sont fortement surreprésentés parmi les auteurs de tentatives de suicide. Le corps médical paraît d’accord pour affirmer que ces perturbations ne surviennent que si trois facteurs de risque sont réunis : un terrain génétique propice, une hypersensibilité générale, la présence d’événements qui agissent comme facteur déclenchant.
Cette journée a aussi été l’occasion d’informer un large public, et faire reculer la méconnaissance de la maladie. Un pair aidant a ainsi posé la question : « Comment évoquer sa pathologie bipolaire avec son entourage ? ». Le concept de pair-aidance existe depuis longtemps ; il repose sur l’idée qu’en ayant vécu la même maladie , on peut mieux aider. Ainsi, la personne qui a réussi à gérer au mieux sa maladie peut accompagner une autre personne qui n’en est pas au même stade.
L’accompagnement des malades
Madame Brun-Villien responsable de l’Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques (UNAFAM) a proposé une présentation sur le thème « accompagnement de l’entourage ». L’UNAFAM soutient, et informe les familles confrontées aux troubles psychiques d’un des leurs. Elle œuvre tous azimuts depuis soixante ans pour déstigmatiser la maladie psychique.
Les tables rondes prévues l’après midi ont été reportées suite à un problème technique. Ce qui permettra sans doute l’organisation de prochaines rencontres sur les thématiques concrètes qui devaient être abordées.