EPR2 du Bugey, débat public à Bourgoin-Jallieu

Par Didier Gosselin

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Débat public à la halle Grenette de Bourgoin-Jallieu, le 25 mars.
Près de 250 personnes se sont réunies à la halle Grenette de Bourgoin-Jallieu, ce mardi 25 mars, pour évoquer les enjeux du projet EPR2 du Bugey. La CGT était présente et a alerté sur l’urgence d’investir dans les services publics pour soutenir ce grand chantier.

La réunion thé­ma­tique « Le ter­ri­toire est-il prêt à accueillir le pro­jet d’EDF ? » a don­né lieu à de nom­breux échanges pen­dant près de trois heures. En intro­duc­tion, Fabrice Gra­vier, coor­don­na­teur du pro­jet EPR2 pour la pré­fec­ture Auvergne-Rhône-Alpes, a rap­pe­lé les enjeux à trai­ter avant, pen­dant et après le chan­tier, concer­nant le loge­ment, les trans­ports, l’emploi, la for­ma­tion et les rela­tions entre les par­te­naires concer­nés, notam­ment l’Etat, les col­lec­ti­vi­tés et le monde éco­no­mique.

Pierre-Oli­vier Boyer, vice-pré­sident de la CCI Nord-Isère, a défen­du le pro­jet en insis­tant sur le fait que 20 000 recru­te­ments étaient atten­dus pour le chan­tier, les emplois indi­rects et ceux du déve­lop­pe­ment du nucléaire.

La nécessité d’embaucher

De son côté Lilia Ria­chi, de l’association Ma zone contrô­lée, a rap­pe­lé la dégra­da­tion des condi­tions de tra­vail dans le nucléaire due à la fois au nombre insuf­fi­sant de tra­vailleurs et à une sous-trai­tance tou­jours plus impor­tante. Alors que 60 000 recru­te­ments sont atten­dus pour la fabri­ca­tion des six EPR, elle a appe­lé à rendre attrac­tifs et à sécu­ri­ser les métiers du nucléaire.

Si au cours du débat les oppo­sants his­to­riques, comme le réseau Sor­tir du nucléaire ou la FI, ont ten­té de rame­ner les échanges à « pour ou contre » ou vers les ques­tions finan­cières et envi­ron­ne­men­tales qui seront trai­tées lors d’autres ren­contres, les pré­oc­cu­pa­tions qui sont res­sor­ties avec force des dis­cus­sions et des ate­liers ont concer­né le loge­ment, la for­ma­tion, le trans­port.

Vue de la cen­trale nucléaire du Bugey. © SeeS­chloss, CC BY-SA 2.5, via Wiki­me­dia Com­mons

Les mili­tants CGT pré­sents sont inter­ve­nus sur le risque de sous-trai­tance en cas­cade dans la mise en œuvre du chan­tier BTP et sou­hai­té que soient prises des mesures pour garan­tir la sécu­ri­té des tra­vailleurs, tant phy­sique que sociale, ce qui implique une très grande vigi­lance et donc des moyens au niveau par exemple de l’inspection du tra­vail.

La ques­tion des ser­vices publics en géné­ral a été éga­le­ment posée, concer­nant entre autres la lutte contre les déserts médi­caux dans le Nord-Isère alors que quelque 8 000 sala­riés sup­plé­men­taires, éven­tuel­le­ment accom­pa­gnés, sont atten­dus pour ce grand chan­tier… De son côté, Phi­lippe Godi­neau, repré­sen­tant offi­ciel­le­ment la CGT dans ce débat public, a rap­pe­lé avec force les ori­gines du sta­tut des sala­riés de l’énergie et appe­lé à ce que ce sta­tut soit géné­ra­li­sé et serve de base pour garan­tir les droits des sala­riés du grand chan­tier EPR2.

Former les futurs salariés du nucléaire

La ques­tion de la for­ma­tion ini­tiale et pro­fes­sion­nelle a éga­le­ment été au cœur des débats. La repré­sen­tante du l’Université des métiers du nucléaire, créée en 2021 avec notam­ment l’Union des indus­tries et métiers de la métal­lur­gie (UIMM), a insis­té sur la néces­si­té de ren­for­cer les liens entre l’offre de for­ma­tion et les besoins de la filière, en par­ti­cu­lier pour les métiers clés en ten­sion. Des ren­contres auprès des élèves en for­ma­tion ont déjà eu lieu dans dif­fé­rents lycées pro­fes­sion­nels du Nord-Isère et vont se déve­lop­per.

Ce débat public n’a pas per­mis — mais ce n’était pas sa voca­tion — d’apporter des élé­ments de réponse concrets à toutes ces ques­tions. Pour la CGT, qui a dis­tri­bué un tract à la sor­tie du débat, les ser­vices publics doivent être mis au cœur du pro­jet, tant pour per­mettre la réus­site du grand chan­tier que pour répondre aux besoins du ter­ri­toire qui reste actuel­le­ment en grande ten­sion en matière d’équipements et de ser­vices. Et selon le syn­di­cat, cela pas­se­ra néces­sai­re­ment par une mobi­li­sa­tion popu­laire au niveau des enjeux.

Le débat public se pour­suit jus­qu’au 15 mai 2025

Orga­ni­sé par la Com­mis­sion natio­nale du débat public (CNDP), le débat public sur le pro­jet de construc­tion de deux réac­teurs EPR2, à proxi­mi­té de la cen­trale nucléaire du Bugey, se tient du 28 jan­vier au 15 mai. Toutes les infor­ma­tions utiles sont à retrou­ver sur le site dédié : www.debatpublic.fr/reacteurs-nucleaires-bugey

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