Tourisme social, offres culturelles. « Moderniser nos outils pour mieux répondre aux souhaits des salariés »

Par Travailleur Alpin

/

Image principale
Une centaine de personnes se sont réunies salle Marcel Paul au Pont-de-Claix, dans la banlieue de Grenoble.

Le challenge Savatou face à l’offre de tourisme marchand : être un outil encore plus efficace au service des salariés. C’est ce qui ressort de l’assemblée générale annuelle qui s’est réunie le 8 juin.

L’organisme de loi­sirs, culture et vacances pour tous Savoie-Isère tenait son assem­blée géné­rale annuelle au Pont-de-Claix le 8 juin der­nier. Créé par et pour les comi­tés d’entreprises, Sava­tou œuvre depuis 38 ans pour le droit aux loi­sirs et aux vacances pour toutes et tous. C’est dans la mise en œuvre d’actions soli­daires et dans la pra­tique des loi­sirs et de la culture que l’association déve­loppe des valeurs comme le vivre ensemble et l’émancipation de cha­cun. Ce ras­sem­ble­ment s’est dérou­lé dans un cadre de ver­dure magni­fique, très sym­bo­lique, salle Mar­cel Paul* à la CMCAS du Pont-de-Claix, lieu emblé­ma­tique du fruit récol­té par des luttes syn­di­cales par et pour les sala­riés. L’assemblée géné­rale a été l’occasion d’exposer les pro­blé­ma­tiques que ren­contre le tou­risme social et la culture aujourd’hui, et sur­tout de pou­voir expli­quer à plus de cent par­ti­ci­pants pré­sents l’origine de ses dif­fi­cul­tés. Dans son inter­ven­tion, un élu syn­di­cal au sein de l’assemblée à rap­pe­lé la période si par­ti­cu­lière que nous venons de vivre dans le com­bat sur la retraite, les salaires, la sau­ve­garde des ser­vices publiques. L’unité syn­di­cale a mon­tré cette volon­té d’aller vers la socié­té que nous vou­lons avec nos alter­na­tives poli­tiques contrai­re­ment aux démarches indi­vi­duelles. Reve­nir au col­lec­tif pour le trans­port, la nour­ri­ture, mais aus­si pour notre culture, notre réflexion, nos actions. « C’est la seule voie pos­sible pour nos adhé­rents, à l’opposé d’ une logique de pro­fits et de consom­ma­tion comme le pro­pose le tou­risme mar­chand. » C’est dans un contexte de dis­pa­ri­tion des aides de la région et de l’État que Sava­tou est sor­ti de la période Covid. Cet après-pan­dé­mie a vu jaillir un raz de marée de désir de voyages, de sor­ties enfin !
Savatou-8-juin/
« Cette aug­men­ta­tion notoire des dépenses bud­gé­taire liées aux acti­vi­tés est en soi une bonne nou­velle » pré­cise le vice-pré­sident Jean-Luc Monard. « Elle pose par consé­quent le pro­blème de notre orga­ni­sa­tion et des outils néces­saires. » Et de pour­suivre : « La feuille de route pour cette année à venir sera la moder­ni­sa­tion de nos outils, la mesure adé­quate de l’offre et les dimen­sions de nos struc­tures. Concer­nant les outils, l’évolution de notre outil infor­ma­tique aura des réper­cus­sions impor­tantes non seule­ment sur la ges­tion, mais aus­si sur les condi­tions de tra­vail de nos sala­riés. Nous sommes aus­si très atten­tifs à la pari­té incon­tour­nable pour réus­sir cette moder­ni­sa­tion. Le renou­vel­le­ment de nos élus sera au béné­fice du nombre plus impor­tant de femmes en res­pon­sa­bi­li­té. Pour l’efficience de nos choix, et dans cette même logique, créons dans chaque comi­té d’entreprise des groupes de tra­vail culture, sport, loi­sirs et réflé­chis­sons à l’usage de locaux sports-jeunes. Afin de pou­voir atteindre nos objec­tifs, nos met­trons en place des ate­liers durant l’été pour appor­ter des pro­po­si­tions à la ren­trée. » Un membre de Sava­tou Savoie ouvre une nou­velle piste de réflexion :  « Nous avons des spé­ci­fi­ci­tés en région AURA. C’est une des pre­mières régions grâce à son déve­lop­pe­ment éco­no­mique. Mais le cli­mat change et le ski n’occupe plus la même place. » Concer­nant plus par­ti­cu­liè­re­ment la culture, Cathe­rine David, pré­si­dente de la com­mis­sion Savoie pro­pose une action spé­ci­fique face aux res­tric­tions bud­gé­taires dans ce domaine : «  Nous sou­met­trons une motion à pré­sen­ter à la région. » Mar­tine Gal­lix, de la com­mis­sion cultu­relle Sava­tou Isère, met en avant le suc­cès du fes­ti­val de ciné­ma « Écran total » qui est le fruit d’un pro­jet col­lec­tif et qui a per­mis la mise en place d’un ticket de ciné­ma indé­pen­dant à bas prix pour l’accès à la culture pour tous. La librai­rie Jean-Jacques Rous­seau de Cham­bé­ry a pré­sen­té un bel étal de livres issus majo­ri­tai­re­ment de l’édition indé­pen­dante. Dès ses ori­gines, elle accom­pagne syn­di­cats, comi­tés d’entreprise dans le che­min de l’émancipation citoyenne pour « com­prendre le monde et agir pour le trans­for­mer » selon sa devise. Le pré­sident sor­tant Alain Fer­re­ro a été réélu. Les sala­riés et les nom­breux béné­voles ont été pro­fon­dé­ment remer­ciés pour leur tra­vail enga­gé et de qua­li­té. Les par­ti­ci­pants repré­sen­taient 48286 voix, répar­ties comme suit : le col­lège adhé­rents indi­vi­duels, 48 voix ; le col­lège acti­vi­tés, 43848 voix ; et 4390 voix pour les membres fon­da­teurs. Une nou­velle étape de crois­sance de Sava­tou pour tous !

Mar­tine Briot

*Ouvrier élec­tri­cien dans les dif­fé­rentes socié­tés élec­triques de la région pari­sienne, il est la che­ville ouvrière de la natio­na­li­sa­tion d’électricité et gaz de France. Syn­di­ca­liste CGT, secré­taire de la fédé­ra­tion CGTU des Ser­vices publics, hos­pi­ta­liers, éclai­rage et force motrice (1931–1936), secré­taire adjoint (1936–1937) puis secré­taire géné­ral (1937–1939) de la fédé­ra­tion réuni­fiée de l’Éclairage, pré­sident (1946–1956), secré­taire géné­ral (1956–1966), pré­sident d’honneur (1966–1982) de la fédé­ra­tion CGT de l’Énergie, ex-Éclai­rage, pré­sident du Conseil cen­tral des œuvres sociales (CCOS) ; mili­tant com­mu­niste, conseiller muni­ci­pal de Paris (1935–1938), dépu­té de la Haute-Vienne (1945–1947), ministre de la Pro­duc­tion indus­trielle (novembre 1945-novembre 1946), membre du comi­té cen­tral du Par­ti com­mu­niste (1945–1964) ; résis­tant, dépor­té à Buchen­wald, pré­sident-fon­da­teur de la Fédé­ra­tion natio­nale des dépor­tés et inter­nés résis­tants et patriotes (FNDIRP).

Partager cet article

Avant de partir

Votre soutien compte pour nous

Le Travailleur alpin vit depuis 1928 grâce à l’engagement de ses lecteurs. Aujourd’hui encore, ce média propose un autre regard sur vos espoirs, vos luttes, vos aspirations. Une voix unique dans la presse d’information départementale.

Pour protéger l’indépendance du Travailleur alpin, assurer son développement, vos dons nous sont précieux – nous assurons leur traitement en partenariat avec la fondation l’Humanité en partage.

Merci d’avance.

Faire un don défiscalisé maintenant

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *