Un moment d’échange amical, poétique humain, utopiste.

Le 26e festival de poésie « Gratte monde » rendait hommage ce dimanche 28 novembre à l’Heure Bleue (Saint-Martin-d’Hères) au grand poète américain, Jack Hirschman.

Né à New York en 1933, mort à San Francisco en 2021, Jack Hirschman fut l’ami de poètes de la « Beat Generation », dont il a partagé les valeurs anticapitalistes et pacifiques.

Francis Combes, poète, qui préface Jack Hirschman, Planétariat, salut (ed Maison de la poésie Rhône-2Alês / Manifeste) écrit : « Pendant la guerre du Vietnam, il fut chassé de l’université UCLA, en Californie, sous l’accusation d’  « atteinte à la sécurité de l’Etat » , pour avoir incité ses étudiants à s’opposer à la guerre. Débuta alors une longue existence, bagarreuse et parfois précaire, de poète au grand air, vivant au jour le jour, écrivant beaucoup, distribuant ses poèmes sous forme de tracts dans les rues, logeant dans de minuscules chambres d’hôtels… Il se déclarait communiste . » Il fut l’initiateur des Brigades des poètes révolutionnaires et le coordinateur du Mouvement mondial des poètes (WPM)

La Maison de la Poésie Rhône Alpes (MPRA) l’avait invité en résidence à St Martin d’Hères où il a écrit une série de poèmes. En 2011 « Le Temps des Cerises » avec MPRA publiait un superbe livre bilingue illustré par le Bruce Clarke (traductions par Gilles Bernard Vachon).

Un moment d’échange amical, poétique humain, utopiste réunissait dimanche Laurence Vielle, Claudio Pozzani, Pierre Vieuguet, poètes et Antoine Colonna , musicien) pour évoquer Jacques Hirschman et Bernard Vachon, poète martinérois. Les spectateurs ont pu écouter un extrait d’un CD qui vient de sortir, « Schvedranne meets Jack Hirschman » et voir des extraits de vidéos qui montrent le grand poète américain, lors de son passage en France.



La voix du poète avec la musique d’Antoine Colonna

Claudio Pozzani.

Poème Un chant, extrait de Jacques Hirschman Planétariat, salut

 

SONG

Lift it !
Lift its body
spat-down and scorned 
these many months.
Haven’t you ever
lifted
a woman fallen to the street, 
a man lying on the sidewall,
 a child ganged-up on.

Arms on the ground
 protecting his head 
from the kicks?
The song’s the same.
Lift it ! Raise it up.
Left its cuts and wounds 
have some air.

It’s not dead.
It’ll never die.

Beaten, chained, slandered,
—look, it’s reaching 
for your voice.

Lift it.

Let it rise in its place.
The Internationale
shall be the human race.

Un chant

Relève-le !
Relève son corps
couvert de mépris et de crachats tous ces temps-ci.
Tu n’as jamais relevé
une femme tombée dans la rue
un homme affalé sur le trottoir,
un enfant attaqué par des voyous les bras au sol
pour protéger sa tête
des coups de pieds ?

Même chose pour ce chant.
Relève-le ! Redresse-le.
Mets ses coupures et ses plaies 
un peu à l’air.
II n’est pas mort.
II ne mourra jamais. 
Battu, enchaîné, calomnié,
– regarde, il cherche à retrouver
ta voix.
Relève- le.
Mets-le bien droit sur son terrain.

L’lnternationale
sera le genre humain.

Traduction Gilles Bernard Vachon

 

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