Exposition à voir au musée Hébert, à la Tronche, jusqu’au 28 otobre. Entrée gratuite.

L’un des objectifs de la programmation culturelle et artistique lancée depuis le mois de juin par le département de l’Isère, intitulée L’appel de la forêt*, est de nous rappeler la place de la forêt et de l’arbre dans notre environnement. Cette programmation se poursuit dans le réseau des musées départementaux parmi lesquels le musée Hébert à La Tronche qui nous offre une exposition d’oeuvres du grand peintre moderne Mario Prassinos. Cette exposition, L’arbre qui ne cache pas la forêt, constitue une découverte pour nombre de visiteurs puisque rares sont les personnes qui connaissent cet artiste. Et c’est bien dommage.

Mario Prassinos, d’origine grecque, né à Constantinople le 30 juillet 1916, est arrivé en France avec sa famille en 1922. Il obtiendra la nationalité française en 1949 après avoir été engagé volontaire dans la seconde guerre mondiale, blessé, décoré de la croix de guerre (même pour un grand artiste, à moins d’être un dissident d’un pays de l’Est, c’est beaucoup plus difficile d’obtenir la nationalité française que pour un footeux). Des critiques, des historiens de l’art, qui aiment à coller des étiquettes, l’ont classé dans la Nouvelle école de Paris. Certains le qualifient d’abstrait, de non figuratif: tout faux! Ses débuts de peintre s’inscrivent dans le mouvement surréaliste, sa première exposition personnelle, en 1938, est préfacée par René Char. Elle inaugure une vie d’artiste peintre qui s’est aussi illustré dans des domaines très divers: maquettes de livres, cartonnages, illustrations de livres de Guillaume Apollinaire, Georges Bataille, Raymond Queneau, Simone de Beauvoir, Jean-Paul Sartre…, décors de théâtre comme pour le Macbeth que Jean Vilar met en scène à Avignon et à Paris au TNP…

Son oeuvre picturale se développe autour de thèmes qui correspondent à des périodes de son travail qui parfois se chevauchent: portraits de Bessie Smith (1962-64), les Alpilles (1952-77), les suaires, inspirés par le suaire de Turin, (1974-75), les paysages turcs (1969-81), les arbres (1980-85). Même si, par exemple, l’arbre apparaît dans ses oeuvres dès ses débuts. L’exposition du musée Hébert nous donne à voir un aperçu de ce travail sur l’arbre, les arbres, la forêt. En 1985, il travaille aux 11 peintures du Supplice pour la chapelle Notre-Dame de Pitié à Saint-Rémy-de-Provence. C’est là qu’est exposée la donation de 108 oeuvres qu’il a faite à l’Etat français. 1985, c’est l’année de sa mort, le 23 octobre à Avignon.

Il y a eu beaucoup d’expositions Mario Prassinos en France et dans le monde et l’on peut voir ses oeuvres dans de nombreux musées en France et à l’étranger. Malheureusement pas au Musée de Grenoble et cette exposition à La Tronche est une occasion de le découvrir à ne pas manquer. C’est jusqu’au 28 octobre et c’est gratuit.

* Tout sur cette programmation sur appeldelaforet.isere.fr

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Jean-claude Lamarche

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