La tour Perret. L’une des constructions emblématiques des ciments Vicat.

Bernard Gouteraud, réalisateur, présentait en avant-première, devant 160 personnes, le film « l’Or gris du Dauphiné », mémoire de l’industrie du ciment dauphinois.

Ce dimanche 19 septembre la salle de cinéma de Voreppe était comble. Bernard Gouteraud, cinéaste amateur de talent, présentait une nouvelle de ses créations, déjà nombreuses, sur le patrimoine agricole et industriel en Dauphiné. Des moyens techniques conséquents, des soutiens d’historiens, de professionnels ont permis la réalisation de ce film, avec la collaboration d’une association patrimoniale de Voreppe, COREPHA.

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Bernard Gouteraud.

Bernard Gouteraud tenait à montrer l’écart entre le dur métier de cimentier, au XIXe et XXe siècle comparé à celui des professionnels des usines quasi automatisées comme celle de Montalieu en Isère. Il y a l’histoire contée par la fondation VICAT, qui vous énonce que M. Louis Vicat, inventeur du ciment en 1817, « choisit de ne pas déposer de brevet, car il s’estime redevable à la collectivité de son parcours académique et scientifique ». Mais il se trouve que Les Romains utilisaient de la chaux, renforcée par des cendres volcaniques (pouzzolane) pour fabriquer leur mortier, qui était alors capable de prendre sous l’eau.

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Mineurs à Saint-Egrève, en 1930.

Le ciment moderne, en Dauphiné utilisait des pierres ayant une certaine proportion de calcaire et d’argile. Les pierres sont broyées et se transforment en « clinker », par la combinaison chimique à très haute température de calcaire et d’argile. Le clinker est ensuite broyé avec des ajouts, qui donneront au ciment des caractéristiques spécifiques. 


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Le transport des pierres à ciment de Sassenage à Saint-Egrève.

Au cours du film, très documenté, on peut observer de nombreux vestiges en Dauphiné d’usines, de galeries qui ont fait la richesse de cette industrie. Lors du débat, on apprend que le patronat a voulu se débarrasser de la pratique des ouvriers-paysans qui s’absentaient en certaines périodes, en faisant appel à de la main d’œuvre étrangère.
Ainsi les Italiens ont représenté jusqu’à 40% des salariés. Mais, hélas pour le patronat, tant mieux pour les salariés, cette main d’œuvre était de sensibilité « rouge » et a construit le syndicalisme de luttes.

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Fête de la Sainte-Barbe à Voreppe. Sainte-Barbe,  fêtée le 4 décembre, patronne des métiers dangereux : mineurs, pompiers, artificiers…

Le film nous apprend que le 22 juin 1912 démarrait une grève de six semaines porteuse de résultats revendicatifs. En 1936 était conclu, après des luttes, une convention collective du ciment. Des photos montrent l’existence de jardins ouvriers dans les cités de cimentiers, la fête de la Ste Barbe, très populaire. Les conditions de travail étaient rudes dans les galeries et carrières.

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Le massif de Comboire.

Le documentaire donne à voir le nombre important de cimenteries et d’entreprises concernées par ce secteur, avec les moulins, les centrales électriques, les entreprises de chaudronnerie, ( Bouchayer Viallet), la papeterie de Vizille (sacs ciments), les mines de La Mure, le transport ferroviaire.

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L’usine Vicat, actuellement en service à Montalieu.

Le film nous offre également une vision du patrimoine architectural en ciment du Dauphiné avec la tour Perret , construite pour l’exposition internationale de la houille blanche de 1925 , le garage hélicoïdal de Grenoble, les nombreux bâtiments aux décorations de ciment, la maison de la culture de Grenoble, les immenses ouvrages de béton des sources de Rochefort (confiés en 1830 à la société Thorrand, la Casamaures à Saint-Martin-le-Vinoux, l’église Saint-Bruno de Grenoble, l’usine Cémoi, les vespasiennes de Grenoble, les innovations du béton du futur (bétons drainants, bétons isolants, bétons luminescents, notamment).

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