Grandeur et misère des bandits de Corse par Caroline Parisi et Jacques Moretti. Editions Abiana – 300 pages – 39 €

LE bandit corse n’existe pas. En effet, « rebelle politique, bandit social, bandit d’honneur et bandit percepteur » selon les périodes et les circonstances, c’est sous l’un de ces quatre « costumes » que nous sont présenté(e) au fil des pages de cet ouvrage des hommes et des femmes de Corse devenu(e)s hors-la-loi.

Les raisons en sont diverses. Elle s’inscrivent dans des conditions historiques, économiques et politiques différentes finement analysées par les auteurs, qui ne masquent pas pour autant les responsabilités et les choix personnels qui conduisirent les Spada, Bellacoscia et autres Romanetti de leur village au maquis, et du maquis au bagne ou à la guillotine.

Souvenirs, témoignages, compte-rendu de procès et d’exécution, anecdotes, chansons et poèmes, se déroulent au fil des pages. Ainsi se dessinent les vies marginales d’hommes et de femmes, nourri(e)s de valeurs insulaires ancestrales ; à commencer par une notion de l’honneur, profonde mais ayant trop souvent conduit à des actes condamnables.

Au prix de longues recherches sont aussi rassemblés des centaines de documents (photographies, dessins, coupures de presse, BD, jaquettes de romans, etc.) Une riche iconographie qui illustre et fait revivre tous les aspects du quotidien de hors-la-lois… bien différents des maffieux d’aujourd’hui guidés par le seul appât du gain.

Loin de récits ou légendes plus ou moins folkloriques glorifiant les vertus réelles ou supposées des « bandits » et minimisant les crimes commis par certains d’entre eux, le duo d’auteurs de ce très bel album a voulu dresser « un tableau authentique de la figure du bandit corse à travers les âges ». Un pari brillamment tenu.

Jean Rabaté

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