La solidarité avec les Roms à Fontaine

Par Edouard Schoene

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«  Roms Action », le Secours Catholique et la paroisse de Fontaine invitaient à une rencontre amicale et solidaire avec les Roms qui vivaient dans le camp Courtade à Fontaine.

L’église St Fran­çois d’Assise accueillait same­di 17 novembre Roms et mili­tants-es de la soli­da­ri­té. Les élus (période élec­to­rale oblige, n’étaient pas invi­tés).

Serge Huet, coor­di­na­teur de l’action de sou­tien aux Roms sur Fon­taine explique au Tra­vailleur alpin le tra­vail réa­li­sé.

Serge Huet.

« Deux ter­rains (bidon­villes) se trou­vaient sur la com­mune de Fon­taine, le ter­rain Gérard Phi­lipe et le ter­rain Cour­tade. La poli­tique muni­ci­pale mise en œuvre sur le ter­rain Gérard Phi­lipe est un modèle, par contre la poli­tique mise en œuvre sur Cour­tade sou­lève des ques­tion­ne­ments. »

Le ter­rain a été fer­mé en mai der­nier

« Les erreurs regret­tables ont été pour nous :
- une sai­sine de la jus­tice en vue d’obtenir l’expulsion pré­ci­pi­tée des occu­pants, alors que nous avions pro­po­sé un accord de fin d’occupation du ter­rain, com­pre­nant notam­ment l’interdiction de nou­velles ins­tal­la­tions, la des­truc­tion des baraques inoc­cu­pées, et la ges­tion du ter­rain par un comi­té tri­par­tite (ins­ti­tu­tion­nels, asso­cia­tions, et 3 délé­gués roms).
- l’interdiction faite aux pro­fes­sion­nels de la Ville d’intervenir sur le ter­rain.

Mais il faut, a contra­rio, recon­naître les efforts faits par la Ville de Fon­taine pour le relo­ge­ment des per­sonnes expul­sées, relo­ge­ment mana­gé par la MOUS (Mai­trise d’œuvre urbaine et Sociale). Toutes les per­sonnes ont pu être relo­gées, sauf 3 per­sonnes qui n’étaient pas dans une démarche d’insertion. »

L’après midi a com­men­cé par la pro­jec­tion d’un dia­po­ra­ma réa­li­sé à par­tir de cli­chés pris pen­dant la durée de vie du bidon­ville dénom­mé « Cour­tade » (à l’insu du jour­na­liste com­mu­niste, résis­tant, roman­cier, Pierre Cour­tade (1915–1963). Moments d’émotions, de pleurs de rire lorsque l’on observe les familles, la tris­tesse du camp, l’ingéniosité des archi­tectes du quo­ti­dien, la pro­pre­té des baraques, les enfants, les fêtes, les accueils.

Puis une res­pon­sable du col­lec­tif accueillant pro­pose aux pré­sents de réa­li­ser un tableau col­lec­tif avec des rayons de soleil et des nuages.
Les rayons, des sou­ve­nirs heu­reux, les nuages, l’évocation de moments sombres.

Par­mi les rayons de soleil évo­qués :
« les cafés pour nous accueillir »
« les rires et sou­rires des enfants »
« la jour­née soli­da­ri­té avec les parois­siens »
« J’ai ren­con­tré des frères, des sœurs dans mes moments de détresse, mer­ci la France »
« J’ai pro­po­sé à un jeune rou­main de s’inscrire sur les listes élec­to­rales, ; quand je suis arri­vé en mai­rie, c’était déjà fait. »
«  le fils d’une maman du camp qui sié­geait au conseil muni­ci­pal des enfants ».
«  L’inventivité des rési­dents du camp qui ont réa­li­sé un local pour fumer la viande, afin de pou­voir la conser­ver »
«  l’amour immense don­né aux enfants par les parents, rési­dents, frères et sœurs »

Par­mi les nuages :

« Moi Afri­cain, en voyant ce camp, je n’imaginais pas qu’un bidon­ville aus­si misé­rable pou­vait exis­ter en France. Bon Dieu ! »
«  les incen­dies cri­mi­nels, le racisme « 
«  Ma femme hos­pi­ta­li­sée six mois, un enfant sur les deux pla­cé, la men­di­ci­té pour nous nour­rir »


Le tableau final du soleil et des nuages a éton­ne­ment de nom­breux rayons. Les chré­tiens pré­sents ont ensuite émis une série de prières à Dieu.

Avant de par­ta­ger bois­sons et gâteaux dont des spé­cia­li­tés de la cui­sine rou­maine les par­ti­ci­pants ont écou­té les conclu­sions de Serge Huet :

« Dans quelques temps, notre bataille avec les Roms sera gagnée.
Ecou­tons la parole d’espoir, « quelle que soit la durée de la nuit le soleil va se lever ».

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