Picasso : ça ne tourne pas rond !

Par Max Blanchard

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Il ne s’agit pas de cubisme : ce sont les enseignants du collège Pablo Picasso d’Echirolles qui sont en colère ! Ils le crient et le manifestent.

Le 5 mars, ils ont déci­dé une jour­née de grève pour dénon­cer l’insuffisance des moyens alloués au col­lège, à laquelle ont mas­si­ve­ment répon­du les parents d’élèves puisque trois enfants seule­ment étaient pré­sents ce jour-là dans l’établissement.
Au nom des ensei­gnants, Cathe­rine Brun et Anne-Marie Guillaume ont expri­mé les causes de la colère. Elles sont nom­breuses !
«  Nous allons devoir fer­mer une classe de 4e. Il n’y aura plus de groupes en sciences en 5e, 4e et 3e et deux pro­fes­seurs, l’un de phy­sique, l’autre de tech­no­lo­gie, jusque-là à plein temps, devront faire un com­plé­ment de ser­vice dans un autre éta­blis­se­ment. Cela fra­gi­lise la sta­bi­li­té et l’engagement des équipes dans des pro­jets péda­go­giques effi­caces. Le nombre d’heures d’aide aux élèves demeure très insuf­fi­sant et il n’y aura tou­jours pas d’aide en 3e. Les heures sup­plé­men­taires seront en forte aug­men­ta­tion. Deux heures sup­plé­men­taires pour­raient être impo­sées aux ensei­gnants, ce qui signi­fie­rait pour cer­taines dis­ci­plines une classe de plus à prendre en charge, soit une quan­ti­té de tra­vail accrue au détri­ment d’un sui­vi effi­cace des élèves. Les ensei­gnants ne pour­raient plus s’impliquer dans le dis­po­si­tif «  devoirs faits  » puisque celui-ci implique de s’ajouter encore des heures sup­plé­men­taires.  »

Dégradation

Est ain­si fus­ti­gée une prise en charge sup­plé­men­taire qui devra au détri­ment des élèves : «  Nous n’avons pas le temps néces­saire pour suivre les élèves, cela nous met en colère !  »
Par­mi les par­ti­ci­pants, les griefs fusent : «  Nous ne sommes pas enten­dus !  » ; «  Au contraire, la dégra­da­tion se pour­suit !  » ; «  La colère n’existe pas qu’au col­lège Pablo Picas­so !  »
En effet, dans de nom­breux col­lèges et lycées, les ensei­gnants et les parents d’élèves ont voté contre les moyens en forte baisse octroyés par l’État. Sous cou­vert de réforme ou de décla­ra­tion sur l’école de la confiance, le gou­ver­ne­ment veut faire des éco­no­mies en sup­pri­mant des postes. C’est la même poli­tique dans les hôpi­taux, les postes, bref dans tous les autres ser­vices publics.

Démissions

A Picas­so, pour mieux tra­duire la colère, il a été déci­dé que tous les pro­fes­seurs prin­ci­paux démis­sion­ne­raient de leur res­pon­sa­bi­li­té (une charge volon­taire que l’on ne peut impo­ser). Une démis­sion dépo­sée le jour-même auprès du chef d’établissement. «  C’est une res­pon­sa­bi­li­té qui repré­sente un gros tra­vail avec le sui­vi des élèves, les liens avec l’équipe péda­go­gique, les contacts avec les parents… Cela ne veut pas dire que nous aban­don­nons nos élèves, on va répondre col­lec­ti­ve­ment avec toute l’équipe ensei­gnante !  »
La situa­tion, jugée plus que pré­oc­cu­pante, témoigne pour les ensei­gnants de la mise en place d’une école à deux vitesses. Pour beau­coup, l’école publique n’a plus les moyens de fonc­tion­ner. Une consta­ta­tion cor­ro­bo­rée par l’adjointe échi­rol­loise à l’éducation, Jac­que­line Madrennes, venue appor­ter le sou­tien de la muni­ci­pa­li­té et exi­ger des moyens pour le ser­vice public en géné­ral, et celui de l’éducation en par­ti­cu­lier.
Pour les par­ti­ci­pants, «  il y a beau­coup d’effets d’annonce de la part du minis­tère, mais ce n’est jamais sui­vi de faits !  »
La colère est grande. Main­te­nant on attend des réponses. Et vite.

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