François Pepelnjak : une vie de convictions

Par Max Blanchard

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François Pepelnjak s'est éteint le 26 octobre 2017. En 2005, il avait répondu à nos questions sur la Résistance et sa déportation. Il portait le matricule n° 31 591. Entré à la mine à 14 ans, François Pepelnjak a été un militant communiste tout au long de sa vie. Entretien, réalisé en 2005.

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"Puis c’est la grève des mineurs de juin 1941 : vingt-quatre puits sont concernés. On allait de l’un à l’autre pour maintenir le moral. Quatre cents mineurs ont été déportés de tout le bassin."

Fran­çois Pepeln­jak est né le 14 jan­vier 1924 à Tuque­gnieux (Meurthe-et-Moselle) de parents d’origine you­go­slave, arri­vés en France en 1923. Sa mère est enceinte, son père employé dans une mine de fer. Quand sa mère accouche, c’est le départ pour le Pas-de-Calais, son père pré­fé­rait tra­vailler dans une mine de char­bon. Ils arrivent à Lens en avril 1924.
Il a effec­tué sa sco­la­ri­té à Lens et pas­sé son cer­ti­fi­cat d’études pen­dant les grèves de 1936. Il a béné­fi­cié de la loi sur l’école jusqu’à 14 ans : pen­dant deux ans il est res­té à la mai­son en atten­dant d’avoir l’âge requis pour tra­vailler.

Siège du PCF dans le Pas-de-Calais. Les Cam­phin étaient trois frères. Résis­tants com­mu­nistes, deux d’entre eux ont été fusillés.

Il rentre à la mine en 1938 à 14 ans (la com­pa­gnie des mines était une socié­té pri­vée). La pos­si­bi­li­té était offerte aux jeunes gali­bots (qui devaient avoir 15 ans et 3 mois pour pou­voir en béné­fi­cier) d’avoir une for­ma­tion. La sienne lui est refu­sée, à cause de son acti­vi­té poli­tique. Il a com­men­cé par trier le char­bon. Puis à 15 ans et 3 mois, il est des­cen­du et a été affec­té à l’accrochage des wagon­nets, jusqu’à la guerre.
Il est entré aux Jeu­nesses com­mu­nistes à 14 ans. Entre l’obtention de son cer­ti­fi­cat d’étude et ses 14 ans, il allait au siège des “Amis de l’Union sovié­tique” (à Lens) où il jouait au billard russe et pré­pa­rait les paquets de maté­riel pour les dif­fé­rentes com­munes du dépar­te­ment, et par­ti­ci­pait à des quêtes pour l’Espagne répu­bli­caine.

La guerre

Puis c’est la décla­ra­tion de guerre, la dis­so­lu­tion du PCF.
Le Pas-de-Calais est occu­pé par les Alle­mands en mai 1940. La région est régie par des lois alle­mandes. Le ter­ri­toire est annexé et rat­ta­ché à la kom­man­dan­ture de Bruxelles.
« On se voyait comme on pou­vait : il y avait peu de cinés ouverts. On sor­tait sou­vent le dimanche. Les cités autour des puits de mine regrou­paient quelque 1200 mineurs. On se ren­con­trait sou­vent dans les bois sépa­rant les cités. Les bals étaient inter­dits.
En janvier/février 1941, alors que je tra­vaillais dans le jar­din exté­rieur à la cité, je vois un copain. Nous dis­cu­tons des coups de main effec­tués dans le dépar­te­ment et pen­sons qu’il faut faire quelque chose. Lui tra­vaillait au génie civil : il y avait un grand entre­pôt sto­ckant le bois de cof­frage.

C’est comme cela que cela a com­men­cé : on a com­men­cé à recru­ter dans les milieux you­go­slaves. Nous avons consti­tué un groupe de treize membres (dix You­go­slaves, deux Ita­liens et un Polo­nais) dépen­dant de la MOI. Nous devions nous débrouiller par nous-mêmes. Nous réa­li­sions des mots d’ordre et des papillons que nous col­lions. Nous dis­tri­buions des tracts, fai­sions des ins­crip­tions sur les murs, accro­chions des dra­peaux rouges…

Puis c’est la grève des mineurs de juin 1941 : vingt-quatre puits sont concer­nés. On allait de l’un à l’autre pour main­te­nir le moral. 400 mineurs ont été dépor­tés de tout le bas­sin. Cela a duré plus de 15 jours.
Le 22 juin 1941, les Alle­mands attaquent l’URSS. On conti­nue notre action. On crée les bases d’une orga­ni­sa­tion de masse plus large avec le Front natio­nal, pour l’élargissement de la lutte avec le plus grand nombre. C’est la créa­tion d’un groupe FN vers sep­tembre 1941.

L’action

Un groupe d’adultes FTP a atta­qué la pou­drière de Beau­mont : plus de 1500 tonnes d’explosifs ont été récu­pé­rés. Répar­ti dans groupes du dépar­te­ment. A par­tir de là, ça a pété de par­tout dans le dépar­te­ment.
On nous a deman­dé de pré­pa­rer des explo­seurs, d’en bri­co­ler. J’en avais la charge. J’en ai fait quatre, en ai gar­dé un pour nous. Le pre­mier groupe qui attaque est consti­tué de deux copains d’Avron qui posent les explo­sifs près d’une voie. Rien n’explose, ils s’approchent pour voir, tout pète à ce moment-là. Bilan : un  tué et un bles­sé, qui sera fusillé quelques jours plus tard.
Le groupe FN tombe d’abord, puis quelques jours plus tard mon groupe de treize, dénon­cés par un col­la­bo. Tout le groupe a été arrê­té en même temps le 2 décembre 1941 par la police fran­çaise. Nous sommes enfer­més dans un cachot à Lens, où nous subis­sons des coups et des inter­ro­ga­toires. Puis les Alle­mands nous récu­pèrent et nous emmènent en camion à la pri­son de Douai (toute une aile était réser­vée aux Alle­mands, plus un étage dans le reste de la pri­son. C’est dans ce der­nier élé­ment que nous étions). Dans des cachots indi­vi­duels au milieu des droits com­muns, qui eux étaient à dix par cel­lule.

Dans les années 50.

J’y suis res­té jusqu’à Noël. On com­mu­ni­quait entre nous par les tuyaux du chauf­fage cen­tral. Après cette date, nous avons été dis­per­sés dans le quar­tier alle­mand. Il n’y a plus eu de com­mu­ni­ca­tion entre nous. J’ai pas­sé sept mois ici. Il fai­sait un froid de canard. Nous avions une seule cou­ver­ture. L’eau des tinettes gelait.
Au bout de sept mois, je fus libé­ré (alors que cinq autres étaient dépor­tés) en juin 1942.

Seconde arrestation

Je rentre à Lens. Peu après je suis de nou­veau contac­té. Je par­ti­cipe à quelques opé­ra­tions, mais sans beau­coup de moyens. Puis je suis arrê­té une seconde fois en sep­tembre 1942. Je suis pris par les Fran­çais et emme­né à la pri­son de Béthune. Puis c’est la cita­delle de Dou­lans, où je reste six mois, à Ecrouves (ban­lieue de Toul), six mois éga­le­ment, Nan­cy, puis Ecrouves de nou­veau jusqu’à novembre 1943. Là, une sélec­tion est faite, où l’on trie les gens esti­més dan­ge­reux (dont je fais par­tie). Je suis envoyé à Vove, dans l’Eure-et-Loir, où je reste de novembre 1943 à mai 1944. C’était un camp d’étrangers où j’étais le res­pon­sable d’une baraque. Il y avait beau­coup de syn­di­ca­listes : c’était de là que sont venus les 27 de Cha­teau­briant.

A la fête du Tra­vailleur alpin, en 1985. Avec Jo Blan­chon et Fran­çois Auguste.

Tous les colis étaient mis en com­mun dans la baraque. On avait une orga­ni­sa­tion sur le camp. Je m’occupais de l’information : on fai­sait une revue de presse que l’on relayait dans sa baraque. Il y avait beau­coup de répu­bli­cains espa­gnols.
On a pré­pa­ré une éva­sion. Pour cela, on a for­mé des groupes. Les jeunes devaient sor­tir les der­niers. Qua­rante-deux ont pu sor­tir, mais ensuite la lune s’est levée, on a été obli­gé d’arrêter, les jeunes sont res­tés. Le tun­nel avait été réa­li­sé par des mineurs du Pas-de-Calais. Le 9 mai, tout le camp a été embar­qué à des­ti­na­tion de Com­piègne. Nous y sommes res­tés quinze jours.

Le camp

Puis ce fut le départ pour Neuen­gamme (Nord de l’Allemagne, dans les fau­bourgs de Ham­bourg). Nous étions 2000 dans le convoi. Le voyage dura trois jours. Avant le départ, on nous avait don­né du cer­ve­las et un mor­ceau de pain. Nous étions cent par wagon. Le pain est deve­nu dur. Je ne l’ai pas man­gé. Nous avions très soif. Nous étions tous debout, on était obli­gés de se relayer pour s’asseoir. Il y avait un seul seau pour se sou­la­ger. On le vidait à tra­vers les inter­stices du wagon. Cela se fai­sait pour l’urine, mais pas pour le reste : ça puait. Ceux qui avaient man­gé avaient encore plus soif que moi. La nuit, c’étaient des cris. Cela dura trois jours et trois nuits, avec une soif et une faim lan­ci­nantes. Nous avons eu un peu d’eau offerte par des Fran­çais à la fron­tière.

Quand nous arri­vâmes à Neuen­gamme, les portes du wagon furent ouvertes : une immense flaque d’eau s’étendait devant lui. On a plon­gé dans l’eau boueuse et bu tant qu’on a pu. On a sor­ti 5 ou 6 morts du wagon. C’était en juin 1944.
On nous a fait désha­biller. On nous a rasés et ins­pec­tés. On pre­nait les lunettes, les appa­reils den­taires. On nous don­nait un numé­ro de matri­cule, dont le numé­ro figu­rait éga­le­ment sur une plaque munie d’une cor­de­lette que l’on por­tait autour du cou. N° 31 591 pour moi, por­té sur la droite du pan­ta­lon et sur la gauche de la veste. Un tri­angle rouge avec lettre “F”. Moi j’avais “YU” (pour You­go­slave).
Il y a eu un appel. Comme nous n’étions affec­tés nulle part, on nous a fait cou­rir. Les retar­da­taires étaient bat­tus.
Il y avait un marais en cours d’assèchement : on nous y a affec­tés pour rem­blayer. Il y avait des cha­riots à char­ger et à déchar­ger pour com­bler le marais, dans la pers­pec­tive d’y ins­tal­ler l’extension de l’usine d’armes du camp. Les déblais venaient de Ham­bourg bom­bar­dé. Tout se fai­sait en cou­rant. J’y suis res­té trois semaines.

 

Au kommando de Bremenfarge

Puis je fus affec­té au kom­man­do de Bre­men­farge (ou kom­man­do Farge à Brême) jusqu’au 11 jan­vier 1945. Pour la construc­tion d’une base sous-marine qui n’a jamais été ter­mi­née et dont les bâti­ments sont encore uti­li­sés aujourd’hui par la flotte alle­mande. Une réa­li­sa­tion aux murs très épais : le bun­ker Valen­tin en était la pièce maî­tresse, c’était un monstre de béton.

J’ai pro­fi­té d’un chan­ge­ment de vête­ments (qu’on nous renou­ve­lait quand même de temps à autre) pour grat­ter le “YU” et obte­nir un “F” à la place (les Fran­çais étaient mieux trai­tés).
On ren­trait du com­man­do à la nuit, sur la base de 12 h de jour et 12 h de nuit, avec repos le dimanche. Les trains arri­vaient sou­vent le dimanche : le kom­man­do dis­ci­pli­naire devait les déchar­ger.
J’ai fait par­tie de ce kom­man­do dis­ci­pli­naire : toutes les cor­vées en plus du tra­vail ordi­naire. A ce rythme-là, je suis arri­vé au bout du rou­leau  et qua­li­fié de “musul­man”, un terme qua­li­fiant ceux qui étaient hors pro­duc­tion.
En jan­vier 1945, j’ai quit­té le camp comme “musul­man” : j’étais com­plè­te­ment épui­sé, je ne pou­vais plus me lever. On était soit des­ti­nés à l’infirmerie, soit liqui­dés. Pour cela, il fal­lait un retour au camp de base. J’ai donc été ren­voyé à Neuen­gamme (« vous par­tez au sana­to­rium », m’a‑t-on, annon­cé !). On nous a reti­ré toutes nos affaires et revê­tus de rebuts, des loques sor­dides. Nous n’avions plus de numé­ro : seule­ment un chiffre écrit avec un crayon gras sur la peau. Durant tout le voyage, nous nous sommes posé des ques­tions.

Quand nous sommes arri­vés à Neuen­gamme : on nous a mis dans des bâti­ments en dur, faits pen­dant qu’on était absents. Nous étions logés sans tra­vailler, juste nour­ris, délais­sés. On s’organise : je joue l’interprète ; le tou­bib fran­çais s’occupe de nous  et nous fait don­ner des com­pri­més. Chaque matin, on sor­tait les morts.
Dans le même temps, la pres­sion des alliés s’accentue : les Alle­mands sont pris sur le Rhin ; attaque des Anglais par la Hol­lande ; beau­coup des plans alle­mands sont alors com­pro­mis. Nous n’avions cepen­dant pas d’écho de ce qui se pas­sait à l’extérieur !

Il  y a eu deux contrôles sani­taires pour essayer de recru­ter du per­son­nel pour les kom­man­dos. Le pre­mier, je l’ai évi­té, mais pas le second. Le groupe est ame­né dans une baraque vide où il y a seule­ment de la paille. On devait nous envoyer en Suède. Nous y sommes res­tés deux à trois jours. Il y avait un accord avec la Croix-Rouge. Le comte Ber­na­dotte exi­geait que les pri­son­niers sué­dois soient rapa­triés par la Croix-Rouge sué­doise. Cela concer­nait sur­tout les Sué­dois, mais éga­le­ment les Fran­çais. Lors de la venue d’une camion­nette, je me suis engouf­fré dans le véhi­cule avec des Sué­dois. On s’est arrê­té dans un kom­man­do du Nord où l’on fabri­quait des accus. On a été mis dans une baraque à part. On n’a eu à man­ger que le len­de­main. On est res­tés quatre ou cinq jours.
Un matin, on nous fait sor­tir sur la place d’appel où une masse de papiers brû­laient.

Fran­çois Pepeln­jak a reçu la Légion d’hon­neur des mains de Denise Meu­nier, le 4 mars 2015.

Nous sommes par­tis à pied. Je retrou­vais un copain de Dou­lans. Je l’aidais à mar­cher. On a su alors que ceux qui ne pou­vaient plus avan­cer avaient été brû­lés dans une grange. On a pris la route avec une boule de pain. Il n’y avait que des anciens “musul­mans” à moi­tié fou­tus. On mar­chait, sui­vis par les sol­dats. De temps en temps, j’entendais un coup de feu, mais je ne peux pas dire à quoi cela cor­res­pon­dait, j’étais trop pré­oc­cu­pé d’avancer. Si quelqu’un tom­bait, per­sonne n’était assez fort pour le releve
On a pas­sé la nuit dans la paille d’une grange. J’ai mis ma boule de pain sous ma tête et me suis endor­mi d’un coup. Au réveil, mon pain avait dis­pa­ru. On a fait 70 km en deux jours. Le deuxième, je suis repar­ti le ventre vide. Nous sommes arri­vés au camp de Ber­gen-Bel­sen. A 500 m de l’arrivée, un gars s’écroule : on l’a por­té et tiré durant les 500 m comme on a pu ; à l’entrée, il avait le der­rière en sang, mais il était sau­vé !

Le camp de Ber­gen-Bel­sen était une catas­trophe ! Il y avait 15 000 cadavres. 22 000 ont été enter­rés. On regrou­pait tout ici.
Les troupes anglaises sont arri­vées le dimanche 15 avril 1945 (Mont­go­mé­ry). On avait dû arri­ver vers le 6 avril. Il y avait des baraques éven­trées, des cadavres par­tout. Typhus et dys­en­te­rie régnaient en maîtres. C’était apo­ca­lyp­tique !
On a été libé­rés le dimanche. A par­tir du mer­cre­di ou du jeu­di, les SS ren­traient avec chiens et fai­saient lever tous ceux qui bou­geaient. On nous a mis en colonne pour tirer les cadavres, les enter­rer. Pen­dant deux jours, on n’a fait que ça.Tout ce qui pou­vait mar­cher a été mobi­li­sé. Le pas­sage des cadavres tirés lais­sait un creux dans le che­min. On les balan­çait dans des fosses.
Nous n’avions pas d’eau depuis le 6 avril. On n’a eu que deux gamelles de soupe. Rien pour se laver.

Le same­di matin, plus de SS. On enten­dait le bruit des com­bats. On dor­mait par terre et en dehors des baraques. On avait des lam­beaux de chair de cadavres sur nous. Le dimanche à 15 h, nous étions libé­rés : deux ou trois esta­fettes sont arri­vées. Les hauts par­leurs annon­çaient : “ne crai­gnez rien, on s’occupe de vous !” Mais le soir, rien ! On n’a eu à man­ger que le lun­di soir : deux boîtes, porc et ration à étage (cho­co­lat, bis­cuit, trois ciga­rettes). Ceux qui ont man­gé le porc ont crié toute la nuit (hur­le­ments, cris), et à l’aube il y avait des morts en pagaille. Le camp a dû être brû­lé au lance-flamme pour assai­nir. Sept mille libé­rés sont morts !
Il y a eu de la pagaille durant quelques jours, puis du per­son­nel est arri­vé. On nous mar­quait des lettres sur le front avec un crayon : T pour typhus, D pour diar­rhée… On nous a mis en qua­ran­taine. Puis on nous a trans­por­tés dans les casernes alen­tours, ins­tal­lés sur de la paille et soi­gnés. Il en mour­rait quand même tous les jours. A la sor­tie du camp, je ne pesais plus que 48 kg.

Retour en France

J’ai quit­té Bel­sen le 23 mai et suis arri­vé en France le 25 (à mon domi­cile), en pas­sant par la Hol­lande et Lille.
J’ai été repris aux ate­liers cen­traux en décembre. Mais je n’y suis pas res­té : j’ai tra­vaillé deux ans à la fédé­ra­tion du Pas-de-Calais du PCF, puis deux ans à Paris de 1948 à 1950, au comi­té cen­tral du PCF comme res­pon­sable du groupe de langue immi­grés you­go­slaves. Ensuite, je suis res­té dans le Pas-de-Calais jusqu’en 1966 où je suis venu à Saint-Mar­tin-d’Hères ».

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