Foot Grenoble 38. Les supporteurs ultras affirment leur refus du « naming »

Par Luc Renaud

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La tribune Ouest, celle qui acceuille les ultras du Red Kaos 94.
Et si l’idée se faisait jour d’accoler le nom d’une marque à celui du stade des Alpes pour récolter quelque argent ? Dans une déclaration publique, les Red Kaos affirment qu’il n’en est pas question. Et préviennent : « nous ne nous interdirons aucun moyen » pour s’opposer à cette – éventuelle – « dérive libérale et mercantile d’un patrimoine public ».

Le stade des Alpes pour­rait-il chan­ger de nom ? Le club des sup­por­teurs du Gre­noble foot 38, les Red Kaos 94, a déci­dé de prendre les devants. « Le stade des Alpes doit res­ter le stade des Alpes , le stade des Gre­no­blois, le stade de la capi­tale des Alpes », peut-on lire dans un com­mu­ni­qué daté du 14 octobre.

À l’origine des craintes des sup­por­teurs, les dif­fi­cul­tés finan­cières liées à la ges­tion du stade. Celui-ci relève de la métro­pole. Il est uti­li­sé par deux clubs, le FG38 pour le foot, et le FCG pour le rug­by. Deux clubs qui paient des droits d’usage à la métro­pole pour un mon­tant qu’ils estiment trop éle­vé. Au point que le FCG a déci­dé le 24 sep­tembre de sus­pendre ses ver­se­ments à la métro­pole.

« Une tache indélébile sur un monument de Grenoble »

Dans ce contexte, le Red Kaos 94 craint fort que l’idée du naming – ou contrat de nom­mage – pointe le bout de son nez – la droite métro­po­li­taine y est favo­rable. Le nom­mage, c’est cette pra­tique qui consiste à don­ner, moyen­nant finances, le nom d’une marque à un équi­pe­ment spor­tif : à Mar­seille, actuel­le­ment, il ne faut pas dire le « stade Vélo­drome », mais le « CEPAC Vélo­drome », comme Caisse d’é­pargne Pro­vence Alpes Corse-Vélo­drome.

Les Red Kaos aver­tissent : pour eux, il n’en est pas ques­tion. « Acco­ler à celui-ci [le nom actuel, stade des Alpes, ndlr] une marque com­mer­ciale serait vu comme une tache indé­lé­bile sur un monu­ment de Gre­noble qui appar­tient aux Gre­no­blois. » Ils argu­mentent : « Le nom de notre stade évoque direc­te­ment le mas­sif des Alpes, dont Gre­noble est la capi­tale. Cette fier­té s’ins­crit dans le nom de l’en­ceinte et se constate depuis ses tri­bunes. Celles-ci sont construites pour pou­voir admi­rer nos mas­sifs quelle que soit la place que l’on occupe dans le stade. » Et puis « les contrats ne durent qu’un temps, la marque sera ame­née à chan­ger, appor­tant de la confu­sion et brouillant les repères et le sen­ti­ment d’ap­par­te­nance ». Bref, « aucun mon­tant ne jus­ti­fie­ra d’en­ta­cher le nom ico­nique de notre antre ».

À Lens, c’est interdit

Les sup­por­teurs notent éga­le­ment que cette pra­tique ne concerne que peu de stades en France, signe de son inca­pa­ci­té à résoudre les pro­blèmes finan­ciers du foot. À contra­rio, ils citent l’exemple de Lens : la déci­sion y a été prise « d’é­ta­blir des clauses inter­di­sant un chan­ge­ment de nom du stade et de ses tri­bunes pen­dant plu­sieurs décen­nies afin de pré­ser­ver leur iden­ti­té ».

Il revien­drait aux élus métro­po­li­tains de signer un éven­tuel contrat de nom­mage – cette pers­pec­tive n’est pour l’heure pas évo­quée. À leur adresse, si d’aventure ce devait être le cas, les sup­por­teurs pré­cisent leur posi­tion : « Si dans un futur plus ou moins proche, la déci­sion devait être prise de vendre le nom de notre stade, nous vous assu­rons de notre déter­mi­na­tion à rendre cette col­la­bo­ra­tion la plus dif­fi­cile pos­sible et nous n’hé­si­te­rons pas à dégra­der l’i­mage de la marque en ques­tion. Nous ne nous inter­di­sons aucun moyen pour lut­ter et pré­ser­ver cette iden­ti­té. »

C’est dit.

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