Municipales à Grenoble. La fusion actée entre les listes de Laurence Ruffin et LFI

Par Manuel Pavard

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Laurence Ruffin, le 11 mars dernier, au Jardin de ville où elle sera de nouveau en meeting mercredi 18 mars, à 19 heures, en vue du second tour. © Luc Renaud
Laurence Ruffin, tête de liste Oui Grenoble, et le candidat de la France insoumise Allan Brunon ont tous deux annoncé, ce lundi 16 mars au soir, avoir conclu un accord pour fusionner les deux listes en vue du second tour des municipales. Aux termes de l'accord, la liste d'union de la gauche accueillera treize colistiers LFI. Si la gauche l'emporte dimanche 22 mars, ils seront élus et six d'entre eux siègeront au conseil métropolitain.

Les négo­cia­tions s’é­taient ouvertes dès la pro­cla­ma­tion des résul­tats du pre­mier tour des muni­ci­pales. Elles se sont pour­sui­vies tout au long de la jour­née du lun­di 16 mars, pour abou­tir à un accord en fin de jour­née, confir­mé à la fois par Lau­rence Ruf­fin et par Allan Bru­non. La liste d’u­nion de la gauche éco­lo­giste et citoyenne et celle de la France insou­mise vont donc fusion­ner en vue du second tour, qui don­ne­ra ain­si lieu à un duel entre Lau­rence Ruf­fin et Alain Cari­gnon, dimanche 22 mars.

Lau­rence Ruf­fin entou­rée ‚au Jar­din de ville, d’une par­tie de ses colis­tiers et colis­tières du pre­mier tour, liste qui sera quelque peu modi­fiée pour le second tour. © Luc Renaud

Pour la can­di­date de la liste Oui Gre­noble comme pour son homo­logue insou­mis, cré­di­tés res­pec­ti­ve­ment de 26,33 % et 14,59 %, c’est la menace incar­née par Alain Cari­gnon (LR), arri­vé légè­re­ment en tête avec 27,03 % des voix, et donc le risque d’un retour aux affaires de la droite 31 ans après, qui ont pré­ci­pi­té la recherche d’une alliance.

Un accord qua­li­fié de « tech­nique » et non « pro­gram­ma­tique » par Allan Bru­non, dont l’ob­jec­tif affi­ché est de battre « la droite affai­riste, clien­té­liste, raciste et isla­mo­phobe » repré­sen­tée par l’an­cien maire de Gre­noble. Lau­rence Ruf­fin abonde, évo­quant un rap­pro­che­ment « sur la base de notre pro­jet », et qui per­met à sa liste de res­ter « majo­ri­taire ».

Treize places pour LFI dont six à la Métro, en cas de succès

Sur quels termes est fon­dé cet accord ? Concrè­te­ment, la fusion impli­que­ra, selon nos infor­ma­tions, l’ar­ri­vée de treize colis­tiers LFI sur la liste com­mune. D’âpres dis­cus­sions ont été néces­saires pour fixer ce chiffre qui a pour avan­tage, du côté de Oui Gre­noble, de ne pas offrir aux insou­mis une poten­tielle mino­ri­té de blo­cage au conseil muni­ci­pal. Ce qui aurait été le cas, par exemple, avec seize. Néan­moins, ces der­niers pour­ront se satis­faire de dis­po­ser, en cas de vic­toire de la gauche, de treize élus dont six futurs conseillers métro­po­li­tains LFI — l’autre point sur lequel ont por­té les trac­ta­tions.

Arri­vé troi­sième au pre­mier tour avec 14,59 %, le can­di­dat LFI Allan Bru­non fusionne sa liste avec celle de Lau­rence Ruf­fin. © LFI Gre­noble / Face­book

Tout cela a natu­rel­le­ment pour corol­laire le départ d’un nombre équi­valent de colis­tiers pré­sents sur la liste de Lau­rence Ruf­fin au pre­mier tour. Ces treize noms devraient se répar­tir à parts égales — disons plus ou moins égales, nombre impair oblige — entre les membres issus de la socié­té civile et des par­tis poli­tiques. Les choses se décan­te­ront à ce sujet dans la jour­née du mar­di 17 mars, les listes défi­ni­tives pour le second tour devant être dépo­sées en pré­fec­ture avant 18 heures.

Le GAC derrière Laurence Ruffin au second tour

Par ailleurs, Lau­rence Ruf­fin et son équipe pour­suivent en paral­lèle les dis­cus­sions enta­mées avec la liste Gre­noble capi­tale citoyenne, conduite par Romain Gen­til (Place publique, Par­ti radi­cal de gauche, Équi­noxe). Lequel, un temps annon­cé qua­li­fié pour le second tour, échoue fina­le­ment pour trois maigres voix, avec un score de 9,995 %, arron­di ini­tia­le­ment à 10 %.

Romain Gen­til est arri­vé qua­trième le 15 mars, man­quant la qua­li­fi­ca­tion pour le second tour à trois voix près. © Manuel Pavard

Sur ce point, les négo­cia­tions s’an­non­çaient tout sauf aisées, Raphaël Glucks­mann, copré­sident de Place publique, ayant exclu toute alliance entre son mou­ve­ment et LFI. Mais Lau­rence Ruf­fin sem­blait mal­gré tout plu­tôt opti­miste sur l’a­bou­tis­se­ment de cette « dis­cus­sion tri­par­tite », saluant notam­ment le sens des « res­pon­sa­bi­li­tés » mani­fes­té par les mili­tants locaux, par­fois à rebours de consignes natio­nales décon­nec­tées du ter­rain.

Si l’on y ajoute le sou­tien impli­cite appor­té ce lun­di 16 mars par le Gre­noble Alpes col­lec­tif (4,98 % au pre­mier tour), qui a affi­ché sa volon­té de faire bar­rage à Alain Cari­gnon, Lau­rence Ruf­fin aura rem­pli son pre­mier objec­tif de « faire l’u­nion » en ras­sem­blant l’en­semble de la gauche. Une vieille stra­té­gie du mou­ve­ment ouvrier, réac­tua­li­sée selon le contexte local : le front unique anti­fas­ciste contre l’u­nion des droites. Reste à trans­for­mer l’es­sai dimanche.

Pas d’accord avec Romain Gentil (Place publique) [Mise à jour 15h53]

Il n’y aura fina­le­ment pas d’al­liance entre les listes de Lau­rence Ruf­fin et de Romain Gen­til, éli­mi­né pour trois voix man­quantes à l’is­sue du pre­mier tour. Le can­di­dat de Gre­noble capi­tale citoyenne, sou­te­nu par Place publique, le PRG et Équi­noxe, l’a annon­cé ce mar­di 17 mars, en début d’a­près-midi : il a refu­sé l’offre de Oui Gre­noble, qui lui pro­po­sait deux places sur la liste com­mune. Romain Gen­til n’a pas encore don­né de consignes de vote à ce stade, ce qu’il pour­rait faire « en fin de semaine ».

[Enca­dré ajou­té le mar­di 17 mars 2026 à 15h53]

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