Municipales 2026 en Isère. Prime aux sortants et des incertitudes
Par Manuel Pavard
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Si en Isère, les projecteurs médiatiques sont logiquement braqués sur Grenoble et le duel Ruffin-Carignon qui s’annonce au second tour, on votait bien sûr dans l’ensemble du département, ce dimanche 15 mars. Et, comme souvent dans une élection municipale, la prime aux sortants est observée dans une bonne partie du territoire, avec de nombreux maires réélus au premier tour ou en ballottage très favorable avant le 22 mars.
C’est ainsi le cas dans les trois communes de l’historique « ceinture rouge » grenobloise et ce, des deux côtés de l’échiquier politique : à gauche, les communistes David Queiros, réélu à Saint-Martin-d’Hères, et Amandine Demore, dans un fauteuil à Échirolles ; à droite, le MoDem Franck Longo, réélu à Fontaine. Même constat dans le reste de l’Isère. Du côté des listes d’union de la gauche, les écologistes Laurent Amadieu à Saint-Égrève (59 %), Nicolas Richard à Eybens (51,07 %), et Florent Cholat à Champagnier (55,10 %) ainsi que le socialiste Guillaume Lissy à Seyssinet-Pariset (62,16 %) sont tous reconduits pour un nouveau mandat.

Idem pour la maire divers gauche de Vizille Catherine Troton (78,75 %), qui domine la liste écologiste conduite par Sylvain Garcia de la Rosa (21,25 %) et Lionel Coiffard, vice-président de la Métropole et coprésident du groupe UMA. Certains édiles, comme André Mondange, maire communiste sortant du Péage-de-Roussillon, ou le président de la Métropole de Grenoble Christophe Ferrari (Place publique), maire de Pont-de-Claix, obtiennent même le score parfait de 100 %, étant seuls en lice.
À droite, plusieurs « barons locaux » conservent également leur mairie dès le premier tour, à l’image de Julien Polat à Voiron (63,26 %), Thierry Kovacs à Vienne (57,18 %), Vincent Chriqui à Bourgoin-Jallieu (54,15 %), voire Christophe Revil à Claix (70 %). D’autres sont en très bonne posture, comme le maire de Sassenage Michel Vendra (46,77 %) qui sera notamment opposé, lors d’une possible triangulaire, au candidat de l’union de la gauche Michel Barrionuevo (27,92 %).
Parmi les seconds tours incertains, quelques scrutins impliquent des listes de gauche aux fortunes diverses. Exemple à Seyssins où le candidat divers gauche Vincent Peytavin — qui compte notamment des colistiers écologistes, socialistes et communistes — arrive en première position avec 39,84 %, devance le maire centriste sortant Fabrice Hugelé (36,94 %) et Anne-Marie Malandrino (divers droite, 23,22 %). Ou encore à Vif, avec une potentielle quadrangulaire au second tour, les deux listes de gauche de Guillaume Carassio (33,9 %) et Céline Grangé (14,89 %) encadrant les deux listes divers centre de Giuseppe Ferrara (24,52 %) et Colette Roullet (24,30 %).

Autre commune au pronostic compliqué, Crolles où le candidat de l’union de la gauche et des écologistes Adelin Javet (30,28 %) est devancé par le maire Philippe Lorimier (41,03 %). Lequel pourrait, malgré son étiquette PS passée, tenter un rapprochement avec la tête de liste de droite, Laure Fayolle (28,69 %). Quant aux communistes Jérôme Barbieri et Christophe Ghersinu, tous deux à la tête d’une coalition de gauche, ceux-ci apparaissent en ballottage défavorable, respectivement à Rives (28,79 %) et Saint-Marcellin (17,93 %), avec un retard assez net sur leurs adversaires de droite.
Enfin, beaucoup auront les yeux rivés vers Meylan, dimanche 22 mars. Après avoir ravi ce bastion de la droite en 2020, le maire écologiste sortant Philippe Cardin arrive certes en tête (39,24 %) au premier tour. Mais Sandrine Chaix (divers droite), en troisième position avec 27,59 %, a annoncé son désistement faveur de Joëlle Hours (33,16 %). Et leurs scores cumulés donnent à cette dernière les faveurs des pronostics. Néanmoins, la politique est loin d’être une science exacte et l’édile estime « le jeu ouvert ».


