10 heures pour la Palestine. Elles avaient lieu à la bourse du travail

Par Maryvonne Mathéoud

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Françoise Guyot, responsable du SGAP (Solidarité avec les groupes d'artisans palestiniens), s'adresse aux 250 participant-es à ce rendez-vous qui avait lieu cette année à la bourse du travail.
Anne Tuaillon, présidente nationale de l'AFPS, lance un appel pour une manifestation le 29 novembre à Paris. « Il reste des places dans le car de l'Isère, indique-t-elle. Après le cessez-le-feu à Gaza, Israël poursuit l’occupation et la colonisation de la Palestine, l’oppression des Palestiniens. Cela doit cesser ! »

« Quel ave­nir pour les Pales­ti­niens après le plan Trump ? » C’é­tait la ques­tion posée aux quelque deux cent cin­quante par­ti­ci­pants à cette ren­contre.

Agnès Leval­lois, pré­si­dente de l’Institut de recherches et d’é­tudes Médi­ter­ra­née Moyen-Orient, consul­tante spé­cia­liste du Moyen-Orient, char­gée de cours à Sciences Po Paris, et autrice du livre Le livre noir de Gaza paru au Seuil en 2024, explique le « plan Trump. » « Plan de paix ? Où est la paix dans le plan éla­bo­ré par les Amé­ri­cains et les israé­liens. Il ne prend abso­lu­ment pas en compte l’a­vis des Pales­ti­niens ? Un plan de paix se construit avec toutes les par­ties concer­nées. » Ce « nou­veau » plan de paix est le même que celui de la Rivie­ra, c’est la même logique mais pré­sen­té dif­fé­rem­ment. Le plan a l’air plus accep­table mais c’est un piège, ce plan est inac­cep­table

La pre­mière phase qui consiste à libé­rer les otages israé­liens et libé­ra­tion assor­tie d’un ces­sez-le-feu immé­diat n’a pas de réa­li­té : la lita­nie des morts conti­nue, les bom­bar­de­ments se pour­suivent. Trump a besoin d’ob­te­nir des résul­tats pour mon­trer qu’il fait mieux que ses pré­dé­ces­seurs. De plus il a des dif­fi­cul­tés en interne et la pres­sion inter­na­tio­nale contre Israël le pousse à pro­po­ser un plan plus enten­dable. Le plan Trump est voué à l’é­chec car il ne prend pas en compte les Pales­ti­niens.

Agnès Leval­lois, pré­si­dente de l’Institut de recherches et d’é­tudes Médi­ter­ra­née Moyen-Orient.

Ain­si n’est-il fait aucune men­tion d’un État pales­ti­nien dans son plan dans ce qui est mis sur la table. Dans la réso­lu­tion de l’O­NU, il y a certes une vague men­tion à la sou­ve­rai­ne­té pales­ti­nienne. Cepen­dant Neta­nya­hou, Pre­mier ministre israé­lien, n’en veut pas. Tan­dis que les réso­lu­tions du Conseil de sécu­ri­té des Nations unies n’ont jamais été res­pec­tées par Israël. 

Par ailleurs, les Etats se rac­crochent à ce pro­ces­sus trum­pien, y com­pris la France. La recon­nais­sance par la France de l’É­tat de Pales­tine — un fait posi­tif — doit se concré­ti­ser. Il faut que cette folie meur­trière depuis deux ans cesse. Et, le jour où Macron reçoit Mah­moud Abbas, il ré-auto­rise la vente d’armes à Israël.

La stra­té­gie d’Is­rael n’est pas nou­velle, elle consiste à faire par­tir les Pales­ti­niens. Mais, depuis le 7 octobre 2023, les diri­geants d’ex­trême droite israé­liens annoncent clai­re­ment qu’ils veulent finir le tra­vail qu’ils ont com­men­cé en 1948 : chas­ser les Pales­ti­niens de leurs terres. Depuis le 7 octobre, c’est assu­mé et reven­di­qué sans que cela pose aucun pro­blème à la majo­ri­té de la classe poli­tique inter­na­tio­nale. Faire dis­pa­raître les Pales­ti­niens n’é­meut pas nom plus l’o­pi­nion publique.

Anne Tuaillon, pré­si­dente de l’As­so­cia­tion France Pales­tine soli­da­ri­té.

Une phrase décrit bien la situa­tion : Si le Hamas l’ac­cepte (le plan) la Pales­tine n’existe plus ; si le Hamas le rejette les Pales­ti­niens n’existent plus.

À Gaza la vie ne peut pas repar­tir. L’aide huma­ni­taire devait ren­trer mas­si­ve­ment, mais l’ar­mée israé­lienne contrôle et empêche cer­taines den­rées de ren­trer car elles auraient deux usages comme par exemple des seringues. Les 600 camions néces­saire par jour n’ar­rivent pas, ils sont blo­qués par des contrôles qui n’en finissent pas. En Pales­tine, 8000 oli­viers ont été détruits. Com­ment les Pales­ti­niens peuvent ils vivre, les oli­viers sont la base de leur éco­no­mie.

Quel ave­nir poli­tique pour les Pales­ti­niens ? Israël veut choi­sir ses inter­lo­cu­teurs mais il a tou­jours décré­di­bi­li­sé les diri­geants pales­ti­niens comme Yaser Ara­fat . Dans le contexte actuel com­ment orga­ni­ser des élec­tions. Il y a des Pales­ti­niens qui peuvent repré­sen­ter leur peuple comme Mar­wan Bar­ghou­ti, cepen­dant Israël n’en veut pas.

Israël a choi­si Mah­moud Abbas et après il l’a décré­di­bi­li­sé et ils disent ; on a per­sonne avec qui négo­cier. On ne peut pas dis­cu­ter avec le Hamas. Pour­tant il faut dis­cu­ter avec toutes les par­ties concer­nés par le conflit.

Si les Euro­péens arrê­taient de vendre les pièces pour l’ar­me­ment d’Is­raël la guerre fini­rait. Les Amé­ri­cains ne sui­vront pas Israël s’il bom­barde l’I­ran car ils ont trop d’in­té­rêts dans la région. Israël se pose en maitre du jeu mais les Amé­ri­cains ont besoin des pays du golfe qui consi­dèrent main­te­nant que c’est Israël qui est le pays dan­ge­reux.

« C’est la pre­mière fois depuis 40 ans que je tra­vaille sur cette région que je suis inca­pable d’é­la­bo­rer des pers­pec­tives », conclut Agnès Leval­lois.

Les trois jeunes Pales­ti­niens de Hara 36.

En deuxième par­tie de la mani­fes­ta­tion trois jeunes Pales­ti­niens pro­posent une per­for­mance Hara 36. Hara 36 est une pla­te­forme média­tique et cultu­relle pales­ti­nienne, dédiée à pro­mou­voir la culture, l’histoire, et le vécu quo­ti­dien des Pales­ti­niens à tra­vers des his­toires humaines. Le but de Hara 36 est de valo­ri­ser l’expérience humaine des Pales­ti­niens dans le contexte de leur pays, et en rela­tion avec leur pas­sé. Pour Hara 36, tout le monde parle de la Pales­tine mais on n’é­coute pas les Pales­ti­niens.

Hara 36 veut remettre au centre du débat le quo­ti­dien des Pales­ti­niens. En trans­met­tant la mémoire col­lec­tive, l’art, la lit­té­ra­ture, et les his­toires humaines de la Pales­tine, ces jeunes cherchent à faire face à la déshu­ma­ni­sa­tion du peuple pales­ti­nien, et à faire connaître l’histoire en conti­nu de la Pales­tine, au-delà de l’actualité média­tique

Ces jeunes vont sillon­ner la France pour par­ler du vécu des Pales­ti­niens et ont une news­let­ter en pro­jet dans laquelle ils vont inclure des chro­niques, des inter­views, des his­toires per­son­nelles, des tra­duc­tions lit­té­raires et artis­tiques, des ana­lyses, des pod­castes… Une par­tie de leurs articles seront publiés sur leur blog.

Le forum de la bourse du tra­vail de Gre­noble accueillait la mani­fes­ta­tion.

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