Deux skieurs de l’équipe paralympique visent le mont Blanc

Par Maryvonne Mathéoud

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La météo n’était pas de la partie, mais l’expérience a montré que c’était possible.

Amputé d’une jambe suite à une attaque de requin-tigre — voir le TA n°322 — , Manoël Bourdenx, dit Baboo, va au bout de ses rêves.

Mira­cu­lé et désor­mais pour­vu d’une pro­thèse de jambe, « Baboo » s’ouvre rapi­de­ment les portes de l’é­quipe de France para et par­ti­cipe aux jeux para­lym­piques de Pékin. « Je skie comme si j’a­vais mes deux pieds, j’ai la sen­sa­tion de mes deux pieds » explique-t-il. En mars der­nier, à l’issue des jeux de Pékin, Manoël Bour­denx, uni­jam­biste et Vic­tor Pier­rel, para­plé­gique éga­le­ment membre de l’équipe de France de ski para, se sont lan­cés un défi un peu fou : gra­vir le mont Blanc à ski, mal­gré leur han­di­cap. Une aven­ture qui pour­rait être une grande pre­mière pour un para­plé­gique.
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Tout est orga­ni­sé avec minu­tie. C’est David Preiss ami d’enfance de Baboo et guide de haute mon­tagne du Quey­ras qui les accom­pagne sur le toit des Alpes avec toute une équipe. La mon­tée au refuge du Goû­ter per­ché à 3835 mètres d’altitude est déjà une course en soi. La pre­mière par­tie se fait avec le tram­way du mont Blanc jusqu’au ter­mi­nus à 2 372 m d’al­ti­tude. Il faut ensuite emprun­ter le sen­tier menant aux abords du refuge de Tête Rousse à 3 167 m d’altitude puis gra­vir les 668 der­niers mètres jus­qu’au refuge. Puis il y a trois jours d’acclimatation et de tests du maté­riel et des gestes pour assu­rer Vincent durant l’ascension finale. L’ambiance est très sym­pa. Ce n’est pas évident de vivre au quo­ti­dien avec un para­plé­gique qui n’a pas son fau­teuil rou­lant. Vic­tor n’est pas habi­tué à ces hautes alti­tudes et de plus il souffre dans son fau­teuil où il reste 15 heures par jour. Il lui fau­drait un fau­teuil moins tech­nique mais plus confor­table. Cepen­dant mal­gré toutes les dif­fi­cul­tés ren­con­trées, le moral est bon et l’équipe de douze per­sonnes est sou­dée et fonc­tionne bien.
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L’ascension du mont Blanc se pré­pare bien. Mais la météo en a déci­dé autre­ment. Le guide du Quey­ras David Preiss, qui rêvait d’accompagner Manoël, jusqu’au mont Blanc ne peut que déplo­rer les trop nom­breuses incer­ti­tudes qui sub­sistent et décide de remettre l’ascension à l’année pro­chaine. Main­te­nant ils savent que cette ascen­sion à la logis­tique si com­plexe est fai­sable, c’est une belle pro­messe et un beau défit pour Baboo, Vincent, Oscar Burn­ham, amputé d’une main et les autres…

Baboo/

Manoël Bour­denx, n’a pas pré­vu de res­ter inac­tif. Après la mon­tagne, il prend la mer. « J’ai pour pro­jet d’acheter un bateau avec ma ché­rie et de par­tir faire un tour du monde pour ren­con­trer des han­di­ca­pés qui pra­tiquent le sport à haut niveau et vivre des expé­riences avec eux », dévoile-t-il. « Je ferai adap­ter le bateau pour accueillir des fau­teuils rou­lants. Il me reste à trou­ver encore quelques finan­ce­ments pour mon pro­jet. » Cet été, il a don­né des cours de voile ce qui lui donne pas mal d’expérience mais il veut par­faire sa for­ma­tion en fai­sant un stage de méca­nique et un stage de pre­miers secours en cas de gros pépin.

Pour cet hiver Baboo va don­ner des cours de ski à Abriès. « Je leur dois bien ça car ils m’ont bien aidé à réa­li­ser mon rêve de par­ti­ci­per aux jeux para­lym­piques de Pékin. »

Comme il l’a dit le jour de son ter­rible acci­dent, « je suis heu­reux d’être tout sim­ple­ment vivant ».

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