Deux skieurs de l’équipe paralympique visent le mont Blanc
Par Maryvonne Mathéoud
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La météo n’était pas de la partie, mais l’expérience a montré que c’était possible.
Amputé d’une jambe suite à une attaque de requin-tigre — voir le TA n°322 — , Manoël Bourdenx, dit Baboo, va au bout de ses rêves.
Miraculé et désormais pourvu d’une prothèse de jambe, « Baboo » s’ouvre rapidement les portes de l’équipe de France para et participe aux jeux paralympiques de Pékin. « Je skie comme si j’avais mes deux pieds, j’ai la sensation de mes deux pieds » explique-t-il. En mars dernier, à l’issue des jeux de Pékin, Manoël Bourdenx, unijambiste et Victor Pierrel, paraplégique également membre de l’équipe de France de ski para, se sont lancés un défi un peu fou : gravir le mont Blanc à ski, malgré leur handicap. Une aventure qui pourrait être une grande première pour un paraplégique.

L’ascension du mont Blanc se prépare bien. Mais la météo en a décidé autrement. Le guide du Queyras David Preiss, qui rêvait d’accompagner Manoël, jusqu’au mont Blanc ne peut que déplorer les trop nombreuses incertitudes qui subsistent et décide de remettre l’ascension à l’année prochaine. Maintenant ils savent que cette ascension à la logistique si complexe est faisable, c’est une belle promesse et un beau défit pour Baboo, Vincent, Oscar Burnham, amputé d’une main et les autres…

Manoël Bourdenx, n’a pas prévu de rester inactif. Après la montagne, il prend la mer. « J’ai pour projet d’acheter un bateau avec ma chérie et de partir faire un tour du monde pour rencontrer des handicapés qui pratiquent le sport à haut niveau et vivre des expériences avec eux », dévoile-t-il. « Je ferai adapter le bateau pour accueillir des fauteuils roulants. Il me reste à trouver encore quelques financements pour mon projet. » Cet été, il a donné des cours de voile ce qui lui donne pas mal d’expérience mais il veut parfaire sa formation en faisant un stage de mécanique et un stage de premiers secours en cas de gros pépin.
Pour cet hiver Baboo va donner des cours de ski à Abriès. « Je leur dois bien ça car ils m’ont bien aidé à réaliser mon rêve de participer aux jeux paralympiques de Pékin. »
Comme il l’a dit le jour de son terrible accident, « je suis heureux d’être tout simplement vivant ».
