C’est bien la gauche qui dirigera la Métro

Par Travailleur Alpin

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Douze des vingt vice-présidents élus ce vendredi 18 septembre sont issus des rangs des groupe écologistes et communistes. A leurs côtés, cinq élus des petites communes et trois conseillers socialistes. La majorité de gauche du conseil métropolitain se traduit logiquement dans son exécutif avec la participation des quatre groupes qui la composent. Cette — longue — journée de débats et d’interruptions de séance aura été marquée par un débat sur le caractère politique de la gestion d’une métropole de 450 000 habitants.

Ce ven­dre­di 18 sep­tembre avait lieu le deuxième conseil de Gre­noble Alpes métro­pole depuis l’é­lec­tion de ses membres. L’ordre du jour était épi­neux : élire les vices-pré­si­dents et dési­gner les repré­sen­tants de la métro dans les orga­nismes exté­rieurs.

Après l’é­lec­tion dou­lou­reuse d’un pré­sident en juillet, la majo­ri­té de gauche, qui avait gou­ver­né la métro entre 2014 et 2020, avait explo­sé. La droite et les conseillers macro­nistes avaient arbi­tré le match, per­met­tant à Chris­tophe Fer­ra­ri de retrou­ver son siège, alors même qu’il était mino­ri­taire au sein de la majo­ri­té consti­tuée par les quatre groupes de gauche. Une réunion de ces quatre groupes, ven­dre­di 11 sep­tembre à Vizille, annon­çait un rap­pro­che­ment, seule solu­tion pour évi­ter le blo­cage ins­ti­tu­tion­nel.

Une étrange proposition de Christophe Ferrari
Laurent Ama­dieu, maire de Saint-Egrève.

A 10h, la séance s’ouvre sur une pro­po­si­tion étrange éma­nant de Chris­tophe Fer­ra­ri : ne nom­mer que huit vice-pré­si­dents sur les vingt pré­vus par la loi. Huit vice-pré­si­dents issus du groupe socia­liste et de celui des petites com­munes. La rai­son en est simple : à l’é­vi­dence, ce conseil métro­po­li­tain avait été convo­qué sans qu’un pacte de gou­ver­nance n’ait été réel­le­ment conclu, un ou des groupes de la majo­ri­té dési­rant faire pres­sion sur d’autres. Presque deux heures de débats — et plus de quatre heures de sus­pen­sion de séance — plus tard, un débat de fond appa­raît.

Il ne se situe pas entre les groupes de la majo­ri­té, mais entre les élus de gauche et la droite LREM, rejoints par quelques élus « notre métro­pole com­mune » (le groupe des petites com­munes)  autour de la ques­tion : « un exé­cu­tif métro­po­li­tain doit-il être poli­tique ? »

Pour tout lec­teur régu­lier du Tra­vailleur Alpin, la ques­tion est absurde. Natu­rel­le­ment, une fonc­tion élec­tive qui a ce niveau de res­pon­sa­bi­li­té est poli­tique. D’ailleurs, dès qu’il y a orga­ni­sa­tion col­lec­tive, il y a choix, et dès qu’il y a choix, et donc alter­na­tives, il y a poli­tique.

Nico­las Beron-Per­ez, vice-pré­sident à l’ha­bi­tat.
La dépolitisation organisée… un choix très politique

Ce débat était à la fois un symp­tôme de la dépo­li­ti­sa­tion, et en même temps la démons­tra­tion concrète que des forces poli­tiques ‑LREM pour ne pas les citer- orga­nisent la dépo­li­ti­sa­tion des débats. Pré­tendre que tout n’est que tech­nique ou consé­quence du bon sens, c’est atro­phier la réflexion intel­lec­tuelle et construire sciem­ment le « There is no alter­na­tive » de Mar­ga­ret That­cher. Laurent Tho­viste, élu à Fon­taine avec la droite, après avoir eu le sou­tien de LREM, et avoir été can­di­dat du Par­ti socia­liste en 2014, a par­fai­te­ment illus­tré cette vision prag­ma­tique qui consiste à ten­ter de faire croire que les valeurs et les convic­tions n’existent pas. Ce n’est pas parce qu’il n’en a pas que c’est le cas de toutes celles et tous ceux qui s’en­gagent en poli­tique.

Ouverte à 10 heures, la réunion s’est ache­vée à plus de 21 heures.

Alain Cari­gnon, tris­te­ment célèbre pour l’en­ri­chis­se­ment per­son­nel qu’il a tiré de ses man­dats élec­tifs, est inter­ve­nu à de mul­tiples reprises pour faire croire qu’il s’a­gis­sait de débats de per­sonnes et d’in­dem­ni­tés. A sa décharge, c’est sans doute le prisme par lequel il aurait lui-même abor­dé ces débats s’il avait été dans la majo­ri­té. En réa­li­té, c’est un pro­jet de ter­ri­toire qui s’est négo­cié ce ven­dre­di, pro­jet lui même incar­né par des hommes et des femmes.

Fina­le­ment, un accord poli­tique a été trou­vé, actant une répar­ti­tion des rap­ports de forces poli­tiques : ACTES (PS), trois vice-pré­si­dents ; CCC (com­mu­nistes), trois vice-pré­si­dents ; NMC (petites com­munes), cinq vice-pré­si­dents et UMA (éco­lo­gistes) neuf vice-pré­si­dents*.

Par ailleurs, c’est un élu clas­sé divers droite, le maire de Vif, Guy Jeu­net, qui devrait être élu à la pré­si­dence de la com­mis­sion d’ap­pel d’offres lors de la réunion de cette ins­tance, dans le cou­rant de la semaine pro­chaine.

Compte tenu de la durée de la réunion — il était plus de 21h à la clô­ture des débats, la réunion étant ouverte à 10h -, une cen­taine de déli­bé­ra­tions seront exa­mi­nées lors d’un nou­veau conseil métro­po­li­tain qui se réuni­ra le 25 sep­tembre.

Louis Zarans­ki

* La liste des vice-pré­si­dents de Gre­noble Alpes métro­pole, par ordre alpha­bé­tique :

Nico­las Beron-Per­ez (CCC) : habi­tat
Ludo­vic Bus­tos (ACTES) : admi­nis­tra­tion géné­rale et res­sources humaines
Pas­cal Clouaire (UMA) : culture
Lio­nel Coif­fard (UMA) : valo­ri­sa­tion des déchets
Eli­za­beth Debeunne (UMA) : éco­no­mie sociale et soli­daire
Céline Des­lattes (UMA) : emploi, inser­tion, jeu­nesse
Fran­cis Die­trich (UMA) : ter­ri­to­ria­li­sa­tion et ser­vices métro­po­li­tains
Sali­ma Dji­del (UMA) : san­té et stra­té­gie ali­men­taire
Raphaël Guer­re­ro (NMC) : finances et stra­té­gie finan­cière
Méli­na Heren­ger (ACTES) : ensei­gne­ment supé­rieur et recherche, attrac­ti­vi­té, tou­risme
Guy Jul­lien (NMC) : éco­no­mie
Syl­vain Laval (NMC) : espaces publics et voi­rie
Yann Mon­ga­bu­ru (UMA) : défi cli­ma­tique
Anne-Sophie Olmos (UMA) : cycle de l’eau
Cyrille Ple­net (NMC) : agri­cul­ture, forêt et pro­duc­tion locale
Eric Ros­set­ti (NMC) : rela­tion aux com­munes et proxi­mi­té
Thier­ry Sema­naz (UMA) : sport
Ren­zo Sul­li (CCC) : amé­na­ge­ment et renou­vel­le­ment urbain
Pierre Ver­ri (ACTES) : tran­si­tions éner­gé­tiques, plan cli­mat air éner­gie
Michelle Vey­ret (CCC) : poli­tique fon­cière et déve­lop­pe­ment

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